Carnet de voyage: ma vie à Mumbai en Inde pendant deux ans


Ma Résilience / jeudi, mai 10th, 2018

Incredible India

Encore aujourd’hui quand je vois cette publicité, je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire. Incredible India. Oui, effectivement, je ne l’aurai pas mieux dit. Par contre, ma mémoire recèle bien d’autres images et souvenirs que les paysages paradisiaques et les marchés aux épices colorés.

Avant d’aller plus loin, laisse-moi t’expliquer rapidement comment et pourquoi je me suis retrouvée en Inde. J’y suis allé pour travailler. Pas pour faire du tourisme, de l’humanitaire ou un stage dans un Ashram. Je n’avais jamais pensé à y aller avant d’en avoir l’opportunité, je ne faisais pas de yoga ni de méditation avant de partir, ni en revenant.

Je préfère te le dire car je préfère que les choses soient claires: je ne vais pas te parler dans cet article de ma « fabuleuse éclosion spirituelle et découverte des postures de yoga grâce à mon voyage en Inde », tout simplement parce que ça ne s’est pas du tout passé comme ça.

Je n’étais pas seule dans cette aventure, nous sommes partis en couple. Nous avons pris cette décision sur un coup de tête, un weekend, alors que nous vivions en Bretagne, quand après avoir constaté que les fonds de tiroir ne suffisaient pas à aller acheter du pain au 15 du mois, je suis tombée sur une annonce emploi et que j’ai posé la question: « Eh? Si on partait en Inde? »

Et nous sommes partis. Comme ça, en trois semaines. Nous avons tout quitté parce que nous n’avions plus de solution sur place pour avoir une vie décente, manger à notre faim sans l’aide de nos proches et payer les factures. Nous ne voulions plus être des boulets pour la famille et la société en général, nous avions un besoin viscéral de donner un coup de pied dans la fourmilière pour nous sortir de notre merde.

J’ai donné ma démission, nous avons vendus les meubles pour payer les billets d’avion et nous sommes partis vers l’inconnu, à environ 8000 km, avec 200€ en poche après que le surplus de bagage ai englouti le reste de nos économies et la générosité de mes parents.

Plage de Kashid

Ce que j’ai rapporté d’Inde

Le voyage a été à la fois une révélation, une véritable ouverture d’esprit et prise de conscience mais aussi un gouffre psychologique duquel personne ne peut ressortir indemne. Nous sommes revenus brisés, éreintés, marqués à jamais par ce que nous y avons vu, vécu et ramené dans nos bagages émotionnels.

Je ne peux pas tout te raconter car il y a beaucoup à dire! Mais j’ai envie de partager avec toi quelques faits et anecdotes pour, peut-être, t’inviter à réfléchir.

Je vois beaucoup de gens qui s’extasient devant ce pays et sa culture en la résumant au yoga, à la méditation, à l’industrie cinématographique et aux saris multicolores, sans y avoir jamais mis les pieds, en oubliant que ce qu’on nous montre dans les films publicitaires et les reportages n’est pas, et de loin, le quotidien des gens là-bas, ni le reflet de la diversité culturelle hallucinante que l’on peut y trouver.

L’Inde n’est pas QUE un terrain propice à la spiritualité, à la retraite méditative et aux Ashrams en haut des montagnes. L’Inde c’est aussi une face cachée, comme dans tous les pays, et pas toujours agréable à regarder.

Dis-toi bien que les publicités pour Paris ne montrent pas les camps de migrants et les SDF du périphérique, tout comme les publicités pour L’inde ne montrent pas les bidonvilles ni les rivières et ruisseaux qui ne coulent plus sous les ponts des grandes villes, que l’on ne devinent plus sous les montagnes de bouteilles et de sacs plastique.

Quelques lignes en souvenir de ce voyage et des gens que j’y ai rencontrés, un voyage qui aura marqué ma vie pour toujours.

Temple à Kashid

Départ et cadre de vie

J’ai vécu pendant deux ans à Mumbai. J’y ai travaillé et je n’avais pas de « contrat expatrié » comprenant logement de fonction, voiture de fonction, chauffeur de fonction, cuisinier de fonction et femme de ménage de fonction. Je gagnais sur place moins qu’un SMIC français, j’étais dans la moyenne haute des salaires de base, mais bien bien bien en-dessous des salaires et revenus des castes supérieures.

Je vivais plus précisément à Lokandwala au nord de Mumbai, juste au-dessus de la plage de Juhu. Je me déplaçais en rickshaw tous les jours pour aller travailler et je faisais mes courses comme mes voisins: sur le trottoir.

On nous avait dit que partir en couple en Inde c’était un peu comme signer les papiers du divorce: peu de couples résistent à la pression du changement radical de vie et en général il y en a un des deux qui jette l’éponge au bout de quelques mois, pour rentrer seul purement et simplement.

Heureusement, nous étions déjà à l’époque un couple soudé et nous avions déjà traversé d’autres cataclysmes. Nous avons donc regardé les couples se défaire autour de nous pendant deux ans, les allers-retour express de certains qui n’ont pas tenu le choc et c’est main dans la main que nous avons pris la décision de rentrer: exténués, mais en vie et ensemble.

Quelques faits et anecdotes

Je crois que la première surprise a été la chaleur. Pas une chaleur comme ici. Non. Une chaleur irrespirable, pleine de poussière, d’humidité et qui vous plombe sur place. Un peu comme vivre dans un hammam collant permanent. J’avais déjà beaucoup voyagé avant d’aller en Inde, mais cette sensation là est unique.

Des collègues que je ne connaissais pas encore étaient venus nous chercher à l’aéroport pour nous guider et nous déposer à l’hôtel, notre point de chute pour la première semaine le temps de s’organiser. Nous ne savions pas encore que nous n’allions pas avoir de chez nous pendant les six mois qui ont suivis et que le « contrat de travail de droit local » que j’avais signé n’avait purement et simplement aucune valeur sur place: on m’avait promis un appartement qui n’existait pas et une prise en charge des frais d’hébergement qui n’était plus d’actualité.

Fait 1: Il n’y a pas de droit du travail en Inde, voir pas de droits du tout, et c’est, en outre, ce qui a précipité notre retour. La compagnie pour laquelle je travaillais, las des départs du jour au lendemain des européens qui ne résistaient pas au changement de vie, avait déclaré que nous devions désormais leur confier nos passeports le temps de notre séjour et demander l’autorisation pour sortir du territoire. Nous sommes partis avant d’être définitivement coincés.

Le tout premier trajet en taxi pour rejoindre l’hôtel a duré à peu près deux heures et nous a permis de découvrir les premiers « paysages ». Je ne peux pas te décrire ce que nous avons vu exactement car mon cerveau refuse de se rappeler des détails, je crois qu’il y avait trop d’informations.

Je me souviens simplement que, pendant ces deux heures de trajet, assis l’un à côté de l’autre à l’arrière de notre taxi avec nos valises sur le toit, nous ne nous sommes pas dit un seul mot tellement le choc à été brutal.

Fait 2: l’Inde a sa propre maladie psychologique appelée « le syndrome de l’Inde », les gens deviennent fous à cause de la surpopulation, du bruit et de la proximité permanente dû à la concentration de population. Le syndrome de l’Inde n’a qu’un seul remède: sortir du pays. Un des premiers conseils d’usage que nous avons reçu en arrivant a été: si vous voulez survivre ici, il faut partir tous les trois mois (ce que nous n’avons pas pu faire).

Défilé pour Divali

La première semaine a été mouvementée: mon homme est tombé malade (à ce jour nous ne savons toujours pas ce qu’il a eu) et nous avons failli rentrer aussi rapidement que nous étions arrivés. C’est un médecin de là bas, avec sa grosse aiguille façon péridural mais pour planter dans le bide, qui l’a sauvé. Son diagnostic? « Vous avez eu de la chance. »

Plus tard, j’ai fait une crise de sciatique et le médecin m’a prescrit: de la Bétadine (c’est un désinfectant cutané). Ma collègue elle par contre à eu droit à un traitement contre le cancer pour soigner son eczéma. Dans tous les cas, il ne fait jamais bon tomber malade en Inde.

Fait 3: Il n’existe pas de services d’urgence en Inde, pas de pompiers a appeler en cas de pépin, pas d’ambulances gratuites, certainement pas d’hôpitaux décent gratuit non plus et encore moins de police efficace. Tu peux souscrire à une assurance privée (hors de prix) pour venir te chercher en cas d’accident, mais la circulation est telle que de toute façon tu as plus vite fait d’aller toi-même à l’hôpital. D’une façon générale, les médicaments à ce jour interdits en France parce que trop dangereux ou aux effets contestés, sont en vente libre dans toutes les boutiques « pharmacies/épiceries/drogueries/fruits et légumes/slips et chaussettes », on trouve de tout pour peu que l’on ai quelques roupies, sans ordonnance.

Comme nous n’avions pas beaucoup de moyens et que les logements « à l’européenne » (comprendre un appartement ou un studio dans un immeuble en briques avec électricité et eau courante, pas potable, courante) coûtent à Mumbai plus cher qu’à Paris, nous n’avons pas pu nous installer dans le sud, réservé justement aux expatriés, aux vedettes de cinéma et aux investisseurs. Mon salaire nous a offert la possibilité de nous installer au nord de la ville, beaucoup plus abordable financièrement, car entouré par les slums (bidonvilles).

Fait 4: quand tu survoles Mumbai à l’arrivée, l’étendue des slums est aussi voir plus grande que la ville en elle-même.

J’avais investi dans une cafetière électrique mais nous avons dû abandonner l’idée et revenir au café soluble (et surtout au Chaï acheté dans la rue, je n’en ai jamais retrouvé de pareil ici) pour une raison surprenante mais bien réelle: l’humidité est telle que les tuyaux étaient remplis de moisissure en quelques heures (environ 6h) et qu’il fallait d’abord démonter la cafetière entièrement pour la nettoyer avant de l’utiliser. Nous avons préféré abandonner le projet…

Fait 5: A Mumbai, l’humidité de l’air ne descend jamais en-dessous de 40%. C’est un climat tropical, tout moisi, en permanence, y compris les murs des maisons, les vêtements et les chaussures. Beaucoup d’immeubles sont construits sur des marécages sans vraiment de fondations, d’ailleurs les murs s’écroulent souvent…Et les rats qui vivent en dessous et se baladent en toute liberté sont gros comme des lapins, les cafards quand à eux sont gros comme la paume d’une main et te mordent pour s’accrocher, réellement.

Je travaillais dans un salon de coiffure et institut de beauté, en tant que responsable d’équipe. Au départ, j’ai voulu leur montrer comment faire une « french pédicure » (j’étais là pour les former aux méthodes de soins esthétiques « à la française », c’était mon job), mais je n’ai pas pu: mes équipes étaient constituées de personnes des castes inférieures, il m’était interdit de leur toucher les pieds.

Il m’a fallu 4 mois pour obtenir le droit d’avoir une conversation: je pouvais leur parler mais ils n’avaient pas le droit de me regarder ni de me répondre…Pas super pratique! Et je ne te parle pas de la barrière de la langue: j’ai fini par utiliser des cartes images pour pouvoir communiquer…Il faut parfois savoir s’adapter et être inventif!

Fait 6: Malgré tout ce qui peut se dire sur l’abolition des castes, elles sont bel et bien encore d’actualité. Les gens des basses castes sont gentiment appelées « ramasse merde » en sanskrit, et ils doivent bien se comporter dans cette vie pour peut-être dans la suivante, avoir la chance de passer dans la caste supérieure. On ne change pas de caste au cours de sa vie, on ne se marie pas entre caste et encore moins entre clans différents.

Vue depuis notre bungalow à Kashid

Un jour j’ai constaté qu’une de mes manucures n’était pas là. J’ai demandé si elle allait bien, on m’a dit que je ne la reverrai pas: elle c’était mariée, il lui était désormais interdit de travailler, elle devait rester chez elle et faire quelques enfants. Je n’ai même pas pu lui dire au revoir, je ne l’ai effectivement jamais revue.

Fait 7: la condition des Femmes en Inde est très discutable. D’après ce que j’ai pu en voir, elles sont considérées soit comme des poules pondeuses quand le mari travail et a une situation, soit comme des moins que rien, battues, violées et même décapitées en public dans les slums. Pourtant, elles sont souvent la seule source de revenu des foyers modestes grâce aux ménages des maisons et aux soins des enfants…des castes supérieures.

Pendant la mousson, les rues sont envahies par les eaux pendant plusieurs jours. Comme il n’y a aucun entretien des routes et des trottoirs, il n’est pas rare de voir de gros accidents: des gens qui tombent dans les égouts et se noient car on ne voit plus les trous à cause de l’eau et des blessures qui peuvent mener à des infections carabinées, des vers et des amputations en seulement 48h.

Fait 8: il n’y a aucun entretien des infrastructures comme les routes et les canalisations. Dans les slums, la moyenne est de un toilette et une « salle de bain » pour environ 50 personnes. Par contre, tout le monde a un téléphone portable.

Nous faisions nos courses auprès des marchands ambulants et petits commerces de notre rue (photo ci-dessus). Au fil des mois, les prix ont commencé à baisser significativement car nous venions souvent: nous avons gagné leur confiance et, peu à peu, nous avons été acceptés dans la communauté.

Anecdote: Nous étions encore fumeurs à l’époque. En Inde, peu de personnes ont les moyens d’acheter des paquets de cigarettes, elles se vendent à l’unité au marchand qui tient son stand de la grandeur d’une cabine téléphonique à peu près. Au bout de plusieurs mois, nous avons tellement acheté nos cigarettes à la même cabane au bout de la rue que le marchand a installé: une télévision à écran plat au dessus de sa tête! Du coup tout le monde se pressait autour de sa boutique pour fumer et regarder la télé…Voici notre petite contribution à l’économie locale…

Au fil des mois, j’ai pris la responsabilités de plusieurs équipes réparties sur d’autres salons plus au sud de la ville: je ne pouvais plus me déplacer uniquement en rickshaw et j’ai dû prendre le train…Une expérience enrichissante! Sur la photo ci-dessous un aperçu de mes voyages quotidiens… Je précise que, évidemment, les portes des wagons ne ferment pas.

Fait 9: A Mumbai les trains ne sont pas mixtes, certains wagons sont réservés aux Femmes (à gauche sur le photo). Bien que cela puisse nous choquer, il s’agit d’une part d’une mesure de sécurité afin de limiter les agressions et d’autre part de limiter la proximité immédiate entre Hommes et Femmes pour des raisons cette fois liées aux religions.

En Inde, rien ne se perd, tout se répare ou se transforme. Il n’y a pas vraiment de problème de chômage car toute activité peut devenir un métier: porter les courses, livrer les bouteilles d’eau, collecte et livraison du linge repassé à domicile (d’ailleurs on les appelle des Doby…Comme le personnage de Harry Potter a qui il faut offrir un vêtement pour lui redonner sa liberté!)…Et même rester dans un ascenseur toute la journée pour appuyer sur les boutons des étages et ouvrir la porte.

Comme mon salaire n’était pas mirobolant, nous n’avons malheureusement pas pu visiter l’Inde comme nous aurions voulu. En plus je n’avais presque pas de jours de congés, donc nous avons économisé pendant un an pour pouvoir nous offrir une semaine à Kashid, au sud de Mumbai, de l’autre côté du bras de mer. C’est le seul voyage que nous ayons pu nous offrir, au cœur de la jungle, loin du bruit incessant de Mumbai et entourés par les singes et la végétation, une semaine à vivre au ralenti…Merveilleux souvenir…Si on met de côté le fait qu’on ne peut pas marcher pieds nus sur la plage car elle est jonchée de seringues: la toxicomanie et l’alcoolisme sont un vrai problème.

Je n’oublie pas

Je n’oublie pas les enfants qui courent après les rickshaws pour demander de l’argent ou même à manger, tous les jours, en permanence.

Je n’oublie pas cette femme qui venait laver son enfant dans la flaque de boue devant le salon où je travaillais.

Je n’oublie pas le document que j’étais obligée de faire signer aux hommes venant demander « un massage avec la femme blanche », pour les prévenir en avance qu’il ne s’agissait pas d’une proposition indécente (les femmes blanches ont une sacré réputation en Inde…).

Je n’oublie pas ce Noël que j’avais organisé au salon lors duquel j’ai offert des cadeaux à tout le monde et que j’ai vu sur leurs visages qu’un T-shirt était un précieux trésor.

Je n’oublie pas les griffures sur mes bras quand il a fallu que je me défende pour ne pas me faire voler mon sac dans le rickshaw à un feu rouge.

Je n’oublie pas la fois où je n’ai pas réussi à me défendre, et où je me suis fait voler mon sac.

Les fêtes de Ganesh

Statue de Ganesh en perles et pierres précieuses, elle sera jetée à la mer à la fin des fêtes.

Je n’oublie pas ce petit déjeuner dans les slums quand nous avons été invités pour la fête de Ganesh et qu’on nous a offert l’hospitalité. Pour l’anecdote, nous avions rencontré notre guide à l’école d’anglais où mon homme prenait quelques cours. Il s’était lié d’amitié avec son professeur, qui était aussi pompier à ses heures perdues, et qui nous a proposé de nous emmener voir les fêtes de Ganesh en dehors des sentiers battus.

Il est venu nous chercher chez nous et nous venions alors tout juste d’emménager dans notre appartement de Lokandwala, il n’y avait pas de meubles! Un peu gênés, nous nous sommes excusés de ne pas avoir de table pour poser nos verres dans le salon. Il nous a dit de ne pas nous en faire et n’a absolument pas réagi.

C’est en arrivant chez lui que nous avons reçu une belle leçon de vie: une maison de 2 mètres carré avec une échelle pour monter à l’étage: au rez-de-chaussée la salle de vie commune pour cuisiner et manger, à l’étage un lit pour dormir à 4 avec sa femme, sa belle-mère et sa fille.

Nous n’avions pas réalisé que, malgré son poste de professeur d’anglais et ses activités de pompier volontaire, il vivait dans les slums.

Nous avons eu la chance d’aller voir l’immersion des statuettes de Ganesh dans l’eau, c’est une tradition. A notre arrivée, nous avons été accueillis comme des stars avec remerciements au micro et tout…Tellement gênant! Nous avons même pu participer aux rituels et passer derrière le cordon de sécurité pour aller au bord de la plage.

Représentation en direction de la mer lors des fêtes de Ganesh

J’espère que ce petit détour en Inde t’aura fait voyager et ouvert les yeux…Mais rien ne vaut l’expérience réelle et je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de visiter et expérimenter d’autres paysages que ceux de la grande ville de Mumbai et la jungle de Kashid et les mots ne remplaceront jamais une expérience de vie aussi riche.

Ce voyage a changé notre vie, notre vision du compliqué, des possibilités, notre relation au matériel. Si tu es curieuse, tu verras que certaines de mes illustrations d’articles sont directement liées à ce voyage, je les sème au grès de mes mots car elles font partie de ma vie.

Je m’arrête ici car je pourrais continuer encore longtemps! Ce qu’il y a à retenir c’est que l’Inde est radicalement différente de nos modes de vie à l’européenne. Je suis plutôt heureuse d’avoir vécu parmi la classe moyenne du nord de Mumbai et non pas dans les tours du sud de la ville, cela m’a permis d’avoir une vraie vision de la vie locale.

Coucher de soleil à Kashid

Faites circuler!

4 réponses à « Carnet de voyage: ma vie à Mumbai en Inde pendant deux ans »

  1. Merci pour ce beau témoignage ! ça a dû être une expérience très enrichissante, tellement dépaysant et loin de ce que l’on a l’habitude de connaitre en France…

    1. Merci Amélie! Oui cette expérience a changé ma vie clairement, c’est une étape qui m’a aussi permis de déconstruire mes pensées, ma façon de voir le monde pour mieux reconstruire, un début de résilience en somme. Au plaisir et à bientôt!

  2. Ton article m’a ÉNORMÉMENT intéressé. Merci beaucoup pour ça. Ça fait du bien de lire la réalité… j’ai une amie qui s’est baladé en Inde et à vu dans la même rue un vieil homme mort en décomposition et un bébé mort par terre quelques mètres plus loin.

    Je t’avoue que je suis attirée par ce pays qui a l’air magnifique mais ce côté sombre me fait peur. Même en temps que touriste.

    Merci beaucoup

    Cindy

    1. Salut Cindy! Alors, ce qu’il faut savoir c’est qu’il y a des dizaines de religions et modes de vie qui se côtoient en Inde, du coup il y a une relation à la vie et à la mort très particulière car les croyances sont nombreuses, je ne sais pas si je suis claire c’est un peu compliqué à expliquer, je vais essayer de retranscrire cela avec des mots…
      Pour te donner un exemple sur les jours fériés et les congés au travail: en Inde on fête TOUTES les fêtes de TOUTES les religions, même ton anniversaire est un jour où tu peux prendre ta journée! J’ai vu des Hindous me demander leur journée pour Pâques, des Chrétiens vouloir fêter la fin du Ramadan et des Musulmans partir en vacances pour Divali…
      La vie, la mort, les religions, les croyances se côtoient au quotidien, partout, il n’est effectivement pas rare de tomber sur une veillée mortuaire ou de laisser passer un brancard de bois entre les voitures transportant un corps sous un drap blanc et des fleurs, par contre je n’ai jamais vu de corps en décomposition abandonné dans la rue…Mais j’étais à Mumbai encore une fois, peut-être que dans les régions plus reculées on peut voir ça.
      C’est cette relation presque d’égal à égal entre la vie et la mort qu’il est parfois difficile d’intégrer au quotidien, une fatalité des événements et de tout qui fait aussi qu’on n’a aucune prise pour convaincre et motiver les gens. D’ailleurs tu peux par exemple menacer quelqu’un d’être sanctionné s’il arrive encore en retard au travail par exemple, cela ne lui fera ni chaud ni froid, « c’est comme ça ».
      Quand on s’en va on a cette sensation étrange, à la fois douloureuse car on a l’impression qu’il nous reste quelque chose à apprendre, à comprendre et à faire sans savoir expliquer quoi et de délivrance car quand on n’est pas né et qu’on n’a pas grandi là-bas tout ça nous submerge et nous dépasse (ce n’est pas impossible, mais il faut un moment pour l’intégrer).
      Je crois que la pire des choses est de vouloir à tout prix se construire une vie ou implanter un mode de travail à l’européenne sur place, à l’image de ce que l’on connaît, car on devient fou tout simplement…A mon avis, la seule manière de vivre en Inde est de se laisser porter, d’apprendre, d’accepter que l’on ne connaît plus rien, de mettre de côté tout ce qu’on a appris pour construire quelque chose d’unique, de nouveau et qui ne sera valable que là-bas, un écosystème psychologique à part.
      Merci pour ton passage par ici, au plaisir!

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