Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse


Emotions / mardi, avril 10th, 2018

Une fausse faiblesse

S’il y a bien une chose qu’on nous a apprise et qui est un gros mensonge, c’est que demander de l’aide signifie avouer sa faiblesse. On se sent nulle, pas à la hauteur, toute petite et vulnérable quand il s’agit de demander de l’aide, et pourtant, c’est plutôt un signe de sagesse, de courage et de persévérance.

Demander de l’aide demande du courage car il s’agit de passer par dessus notre ego, pas toujours facile de le faire taire celui-là…Dans un monde où on nous inculque que pour mériter une victoire on doit passer par la solitude et le goût de la souffrance, nous ne sommes pas éduquées pour voir les choses différemment, et c’est dommage.

« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin »

La vrai sagesse c’est de connaître nos limites et nos faiblesses actuelles et de vouloir les repousser, mais cela ne signifie pas qu’il faille tourner en rond pendant des années pour y arriver seule. D’autres sont passées par des épreuves similaires avant nous, leur demander de l’aide nous fera gagner du temps et de l’énergie, voir même nous donnera l’occasion de les surpasser un peu plus tard.

C’est un peu comme une expérience scientifique: imagine que dans un laboratoire on fasse des recherches sur une maladie pour en trouver le remède. Parfois une vie ne suffit pas pour atteindre l’objectif, et les équipes se relaient, années après années, vie après vie, pour continuer le travail en se basant sur les résultats déjà obtenus. Heureusement qu’ils ne sont pas obligés de reprendre le travail à zéro à chaque fois! Nous serions probablement tous déjà morts…

La vie, c’est pareil. D’autres personnes avant nous sont passées par des épreuves similaires aux nôtres et ont combattu les mêmes faiblesses, nous avons le choix: nous appuyer sur leurs découvertes pour continuer les recherches et gagner du temps, ou reprendre les recherches à zéro et refaire ce qu’ils ont déjà fait. Concrètement, tout le monde s’en fou! Si demain matin je convoquais la presse pour annoncer que je viens de découvrir l’électricité, tout le monde me dirait que j’ai perdu mon temps.

Le développement personnel ne fait pas exception. Il existe aujourd’hui tellement de méthodes et tellement de retours sur les différentes pratiques qu’il serait parfaitement absurde de vouloir avancer avec des œillères sans se préoccuper de ce qui a déjà été fait. Une perte de temps et d’énergie, uniquement là pour nous faire respecter à la lettre ce principe de réussite solitaire et douloureux qui pourrait flatter notre ego. Mais encore une fois, tout le monde s’en fou.

Tout le monde s’en fou

C’est important de réaliser ça: la plupart des gens se fou que tu ailles mieux, que tu sortes de la dépression, que tu te mettes à vivre, que tu ailles bien, que tu atteignes tes rêves et tes objectifs, que tu arrives à vaincre ta faiblesse ou non, tu sais pourquoi? Parce que la plupart des gens est concentrée à faire comme toi, cherchant à contenter leur propre ego et à construire leur propre bonheur. Et c’est comme ça que la plupart des gens passe sa vie dans la solitude et que leur vraie faiblesse consiste à rester esclave de leur ego.

Demander de l’aide est une preuve de sagesse, d’humilité et d’intelligence. On ne peut pas tout savoir et il faut accepter que d’autres sachent mieux que nous et apprendre d’eux. Ce qui est malin quand on demande de l’aide, c’est qu’on se trouve dans une démarche d’efficacité. Alors à moins d’avoir d’autres raisons pour rester plus longtemps dans la peine et la souffrance, alors que l’on pourrait parfaitement s’en sortir plus vite en demandant de l’aide, je pose la question: ne serions-nous pas maso?

Demander de l’aide quand on en a manqué

Quand on a subit un traumatisme dans l’enfance, on a perdu toute confiance en la capacité des autres à nous apporter cette aide, une sorte de double éducation à la résistance à la souffrance, à la faiblesse et à la solitude. Partir du principe que personne n’est capable de t’aider parce que dans le passé tu n’as pas obtenu d’aide, c’est comme considérer que tu ne feras jamais de vélo parce que tu es tombée la première fois que tu as essayé, c’est graver un résultat dans le marbre, alors que d’autres issues sont toujours possibles.

Je le sais parce que moi aussi, j’ai longtemps pensé que je devais partir en guerre toute seule. Je l’ai fait d’ailleurs, et je suis revenue blessée à maintes reprises. J’ai perdu un temps précieux à chercher des angles d’attaque, alors que si j’avais d’abord demandé de l’aide pour apprendre à étudier mon ennemi, j’aurai probablement été beaucoup plus efficace. C’était ma faiblesse: me penser seule au monde et à l’épreuve des balles, la réalité c’est que combattre sans aide et sans entrainement, c’est épuisant.

Le jour où j’ai compris que mon ego me menait par le bout du nez et qu’il était tout sauf un expert, j’ai enfin pu partir au combat avec l’équipement adéquat: les bonnes armes, la bonne équipe et les bons conseils, parce que j’ai demandé de l’aide.

Si tu es là en train de lire cet article, c’est que tu es une survivante. Tu as réussi à arriver jusqu’ici, tant bien que mal, un jour après l’autre. Ce combat t’a peut-être plongée dans une profonde solitude, tu as l’impression que tu t’épuises, et tu es à mi-chemin entre le fait que cela t’inquiète et la résignation.

Je pourrais te dire que d’autres sont dans le même cas que toi, par diplomatie tu me dirais que tu le sais bien, mais une toute autre pensée traverserait ton esprit: « je m’en fou, ce qui m’intéresse ce n’est pas la souffrance des autres, mais la mienne. »

Je ne vais pas te dire que c’est mal et que tu es trop égoïste, je vais plutôt t’inviter à être honnête avec toi-même et à effectivement faire de ton mal-être une priorité. Non pas pour mettre sur un piédestal et le laisser gérer ta vie, pas pour le montrer, l’exhiber et t’en servir de prétexte pour ne pas bouger, mais pour le mettre au centre de ta cible de tir.

Ton nouvel objectif

A partir de maintenant, ta priorité, c’est d’atteindre cette cible avec toutes les armes possibles pour lui faire la peau. Et que faut-il faire pour se procurer les meilleurs armes? Aller dans un magasin spécialisé, rencontrer quelqu’un qui saura te conseiller et te dire quoi utiliser, bref, demander de l’aide, mais surtout écouter et appliquer les conseils pour ensuite te faire ta propre idée.

Tout est une question de pratique, il te faudra du temps pour apprendre à manier certains outils qui ne te sont pas familiers, parfois relire le mode d’emploi plusieurs fois, tu seras plus à l’aide avec certains et moins convaincue par d’autres, mais tu finiras par trouver les armes qui te correspondent et qui te feront atteindre le centre de la cible à chaque tir.

Tu peux aussi choisir de te rapprocher d’autres personnes qui, comme toi, ont épinglé un monstre au centre d’une cible. Vous pouvez partager vos expériences, échanger des techniques et vous apprendre mutuellement à utiliser les outils. Parfois, simplement en passant un peu de temps à discuter, on finit par obtenir de l’aide sans même avoir eu besoin de la demander.

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