Devenir soi et révéler au monde qui on est vraiment: 3 erreurs et un jeu de rôle à pratiquer seule


Confiance en Soi / vendredi, avril 27th, 2018

Qui suis-je?

Passer par une phase de transformation et devenir soi relève souvent d’un tour du propriétaire douloureux: on se rend compte que nous ne sommes pas la personne que nous voulons être, que ses habitudes ne sont pas les nôtres et que nous n’incarnons pas au quotidien les valeurs et les rêves de cette personne qui est, pourtant, celle que nous voulons devenir et qui se cache au fond de nous.

Mais avant de se rendre compte de tout cela, encore faut-il avoir pris le temps de donner vie, dans notre imagination, à cette personne que nous voulons incarner pour devenir soi: lui donner des traits physiques, des pensées, des activités et des attitudes, souvent à l’opposé ou du moins très différents de ce que nous sommes aujourd’hui. Pourquoi forcément différents? Parce que si nous faisions déjà tout ce qu’il faut faire pour être et incarner cette personne au fond de nous, nous serions déjà elle, à nos yeux et aux yeux du monde.

Partir de la question « qui suis-je? » pour ensuite imaginer « qui je veux être? » et élaborer un plan pour faire le pont entre les deux et devenir soi. Mais attention! Ce processus comprend souvent 3 erreurs mettant à mal nos jolis projets…

Erreur numéro 1: comparer ton début au résultat final des autres et vouloir brûler les étapes

Certaines approches nous demandent de trouver des modèles pour nous aider à justement modéliser notre idéal et devenir soi. Nous choisissons alors cette femme sportive aux abdos dessinés mais très féminins, ou ce professeur de yoga faisant preuve d’une souplesse et d’une sérénité que l’on voudrait bien faire nôtre, ou encore cette entrepreneuse à succès qui semble mener sa barque et avoir une vie de rêve.

Le piège du modèle, c’est que cette personne que nous idéalisons aujourd’hui a également un parcours…Que nous ne connaissons pas. Nous ne savons rien des exercices douloureux et des courbatures du début de la pratique, nous n’avons pas la moindre idée du nombre de tentatives échouées de notre entrepreneuse favorite, nous n’avons pas de visibilité sur le nombre d’heures de pratique de yoga pour être capable de tenir cette position ou du travail sur soi profond et de la détermination qu’il a fallut construire peu à peu pour être à ce point serein.

Vouloir modéliser notre vie à partir des résultats finaux de quelqu’un peut être très décourageant car ce qui semble facile pour notre modèle se révèle souvent être une pratique douloureuse pour nous. S’inspirer de ses résultats pour devenir soi est par contre une bonne idée, car puisque cette personne a réussi à faire ou a obtenir ce que nous voulons pour nous, nous avons la preuve que cela est possible.

En revanche, il est primordial de conserver sa propre identité, d’être honnête avec soi-même et réaliste sur le chemin à parcourir et les efforts que l’atteinte de cet objectif va demander.

Erreur numéro 2: s’accrocher à une pratique qui ne nous ressemble pas

Cette personne que nous prenons en modèle n’est pas nous. Plutôt que de vouloir devenir quelqu’un d’extérieur, il est préférable de devenir soi.

Si notre modèle a par exemple réussi à obtenir un corps de rêve avec des exercices de corde à sauter mais que nous avons des problèmes de dos majeurs, son approche ne sera probablement pas la meilleure pour nous, en tout cas pas au début. Ce n’est pas parce que cette personne a réussi à atteindre son objectif avec la corde à sauter, que cette méthode est la seule qui puisse fonctionner.

C’est à ce stade que la curiosité entre en jeu. Pour un seul objectif, une multitude de méthodes existe, et c’est en essayant des choses nouvelles, suffisamment longtemps et concrètement pour savoir si cela nous plait et si c’est efficace, que l’on pourra choisir d’intégrer ou non cette méthode à notre plan de bataille pour devenir soi.

Par contre, si la première séance de corde à sauter a été une révélation, que l’on a pris notre pied avec cette méthode mais que l’on se retrouve clouée au lit avec un lumbago, cela ne signifie pas forcément que la méthode n’est pas faite pour nous, mais plutôt qu’il est sans doute trop tôt pour s’en servir.

Noter que cette méthode nous plait, mais trouver une autre méthode plus douce pour commencer: la natation par exemple ou l’aquabike, de façon à réveiller nos muscles et préparer notre corps à la pratique de la corde à sauter. Aller voir un ostéopathe ou un kinésithérapeute pour avoir des conseils, peut-être investir dans un trampoline d’intérieur pour garder un aspect de cette pratique que l’on affectionne. S’adapter à la situation, sans perdre de vue l’objectif final: pratiquer la corde à sauter en plein air sur un rythme endiablé et ressembler à notre modèle.

Pour la sérénité, la paix intérieure ou encore la réussite professionnelle, c’est exactement la même chose. On ne commence en général pas la pratique de la méditation par un stage de 6 mois dans un temple avec des pratiquants avancés, on ne se lance pas non plus à son compte dans la fabrication d’une ligne de vêtements dans son garage toute seule, sans avoir d’abord certaines affinités et compétences avec la machine à coudre…

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méthode pour devenir soi et faire émerger la personne que l’on veut devenir, mais il est nécessaire de trouver la méthode qui nous parle, celle qui est accessible à notre niveau actuel et nous apporte la satisfaction de la pratique.

En fonction des résultats obtenus au fil du temps, il faut toujours réajuster ses méthodes pour les faire évoluer en même temps que nous: on commence par un petit livre en carton pour apprendre l’alphabet, mais en grandissant on passe aux romans!

Erreur numéro 3: abandonner trop tôt

La persévérance est un des problèmes majeurs dans la construction d’une nouvelle vie. On a tendance à abandonner trop tôt une méthode ou une approche car nous sommes impatients d’obtenir des résultats concrets, qui mettent parfois trop longtemps à arriver.

C’est une balance pas toujours facile à équilibrer: à quel moment est-ce que je sais que cette méthode est vraiment inefficace pour moi? Quel est le point de contrôle qui peut me donner la certitude que je n’abandonne pas trop tôt? C’est compliqué! Et ça dépend aussi des méthodes choisies…

Une chose est sûre: si tu ne t’arrêtes pas, tu finiras par y arriver, quelle que soit la méthode. Mais quand cela touche au développement personnel, le meilleur indicateur est à mon avis le plaisir que l’on prend à la pratique et à l’observation des progrès que nous faisons pour devenir soi, même s’ils sont infimes.

Même si cela est parfois douloureux, physiquement ou moralement, au départ, si tu sens en toi cette adrénaline à l’idée d’avoir réussi à franchir une étape et que cette sensation efface toute trace de ta douleur, alors tu tiens le bon bout!

Un exercice jeu de rôle pour devenir soi

Je me souviens d’une technique que j’ai employée au tout début de ma transformation. J’étais très timide et pas du tout sûre de moi, j’avais un gros problème de confiance en moi, et cela se voyait très bien depuis l’extérieur: dos voûté, regard fatigué, garde robe sinistre…Je dégageais une aura qui disait: « je veux passer inaperçue et me fondre dans la masse, jusqu’à disparaître. »

Un jour, j’ai imaginé être la personne que je voulais devenir: une démarche assurée, un sourire affiché et une tenue vestimentaire à la fois féminine et décontractée. J’ai préparé mon coup pendant quelque temps: j’ai changé de coupe de cheveux, je me suis offert une nouvelle tenue que je n’osais pas porter et je me suis entraîné à sourire devant le miroir.

Un matin, j’ai enfilé ma tenue, affiché mon plus beau sourire, et je suis sortie de chez moi. J’ai marché dans la rue pour aller travailler avec une assurance que je ne me connaissais pas. Est ce que j’étais à l’aise? Pas du tout! J’avais l’impression que tout le monde me dévisageait et se moquait de moi!

Mais j’ai continué, parce que j’ai réalisé autre chose: en dehors des murs de mon appartement, personne ne me connaissait. Ces gens que je croisais sur le chemin, dans le métro et dans le train, n’avaient aucune idée de qui j’étais: je pouvais incarner un personnage haut en couleur, enjoué et déterminé, personne ne remettrait cela en question…Sauf moi.

J’ai réitéré l’expérience plusieurs fois, jusqu’à être parfaitement à l’aise avec cette femme que j’incarne aujourd’hui. Bien sûr j’ai eu quelques réflexions de mon entourage, à la maison et au travail, ayant repéré le changement, mais personne ne m’a jamais dit: « tu rayonnes trop! Ce n’est pas toi! On te préférait en mode dépressive! »

Évident, non? Au départ les réflexions sont un peu impressionnantes, car bien que les personnes extérieures pensent bien faire en nous encourageant, elle ne font que matérialiser le changement: oui, on est en train de changer, et tout le monde le voit! On voudrait plutôt faire ça dans notre coin, juste pour nous, dans notre bulle! Avec le temps, on apprend à juste dire merci et à continuer sa route.

Est-ce que ce nouveau personnage que j’étais en train de devenir était le reflet de ce qui se passait à l’intérieur de ma tête? Pas du tout! Au départ j’avais honte d’oser me comporter ainsi, je voulais me cacher sous ma couette et mon cerveau m’envoyait des messages très clairs: rythme cardiaque qui s’accélérait, sueur, tremblements…

Je voyais bien qu’il n’étais pas du tout d’accord avec ce qui était en train de se passer! Mais tant pis, je savais que pour avancer il fallait que je rééduque mon cerveau et que je lui montre qu’autre chose était possible. Cela ne s’est pas fait en un jour, mais aujourd’hui mon corps, ma tête et mon âme sont en accord.

J’ai testé tout un tas de choses dans ma démarche pour devenir soi: des tenues vestimentaires qui, je le pensais, incarnaient qui je voulais être et qui se sont révélées inconfortables et pas du tout en accord avec moi-même, des attitudes aussi, des tons de voix et bien sûr des activités… En laissant mon imagination s’exprimer, j’ai débloqué quelque chose en moi qui me parait aujourd’hui évident et naturel, il fallait juste bousculer mes barrières pour que je puisse occuper un espace suffisant pour être moi-même et laisser éclore ma vraie personnalité.

Bien sûr, il y a encore quelques situations lors desquelles je ne suis pas à l’aise. Par exemple, j’ai assisté il y a peu de temps à une conférence proposée par une nana que j’admire beaucoup. J’avais 1000 questions à lui poser et 1000 remerciements à lui adresser pour son message inspirant, et elle était là, à un mètre de moi, prête à discuter avec tout le monde…Mais j’ai été incapable d’aligner deux mots! Ce n’est pas grave! Je ferai mieux la prochaine fois et je préfère en rire!

Je t’invite à toi aussi faire ce genre de jeu de rôle: imagine qui tu veux être et prouve-toi que c’est possible, même si c’est inconfortable au début! Mais si tu t’aperçois que ce personnage n’est vraiment pas qui tu veux devenir une fois que tu l’as incarné, expérimentes autre chose et découvre, petit à petit, qui tu es vraiment, pour devenir soi.

Image d’illustration conçue par Freepik

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