Enfant intérieur: un exercice de visualisation en 3 étapes pour aller à sa rencontre


Méthodes / mardi, avril 24th, 2018

C’est quoi cette histoire de gamin planqué?!

Au fil de mes découvertes en développement personnel, j’ai entendu parler d’un concept particulier: l’enfant intérieur. Au départ, j’étais un peu sur la défensive car tout ce qui touche de près ou de loin aux enfants réveille en moi des mouvements émotionnels très forts: je suis incapable de voir un enfant rire ou s’émerveiller sans pleurer de joie, ni de garder mon calme quand il s’agit de protection de l’enfance ou, comme récemment dans les actualités, de jugements aberrants remettant en doute leurs paroles ou leur vulnérabilité psychologique.

Evidemment, tout cela fait écho à ma propre histoire: ça me remue, m’émeut et frappe de plein fouet ma sensibilité, et si aujourd’hui j’arrive à me contenir un peu plus facilement au quotidien, c’est parce que j’ai mis de côté mon scepticisme et que je suis partie à la rencontre de mon enfant intérieur.

C’est qui, cet enfant intérieur?

Ton enfant intérieur, c’est toi. Plus précisément, c’est le concept que tu te fais de toi étant enfant. Si tu as eu une enfance difficile, alors ton enfant intérieur est en train de pleurer dans un coin, apeuré et stressé. Si tu as eu une enfance heureuse lors de laquelle tu as pu exprimer ta curiosité, que tu as été entourée d’amour et reçu les soins appropriés, alors ton enfant intérieur est en paix et se manifeste dans ton quotidien par l’imagination, la joie ou la créativité par exemple.

Le problème, c’est qu’un enfant intérieur en souffrance va aussi se manifester dans ton quotidien: ses peurs vont t’atteindre, ses angoisses seront les tiennes et son stress se manifestera dans ton corps par le biais de symptômes désormais célèbres comme les phobies, les crises d’angoisse, les dépressions et évidemment le manque de confiance en soi.

Comment parler à mon enfant intérieur?

Il n’y a pas vraiment de méthode définie pour parler à ton enfant intérieur. Personnellement, j’ai fais le choix de passer par un exercice de visualisation que j’ai élaboré moi-même pour aller à sa rencontre et que je vais te partager pour que tu puisses t’en inspirer. Comme tout exercice de visualisation, il est important de se poser dans un endroit calme où tu ne seras pas dérangée, de fermer les yeux et de respirer profondément pour apaiser les tensions avant de commencer. Aussi, il ne s’agit pas d’un exercice unique, mais d’une pratique plus ou moins longue, répétée, en fonction de ta relation avec ton enfant intérieur.

Etape 1

J’ai d’abord construit une image de moi-même étant enfant, à l’âge de 3 ou 4 ans, en m’appuyant sur une photo retrouvée. J’ai capturé mes expressions, de corps et de visage, et j’ai fabriqué cette image dans ma tête. Comme je savais que la petite fille que j’avais été était extrêmement timide et renfermée sur elle-même, j’ai pu donner à cette représentation des émotions réelles. Et comme je savais que j’avais été longtemps perdue et que j’avais souffert de la solitude et du sentiment d’abandon, je l’ai imaginée dans une pièce sombre et vide, assise dans un coin, avec mon doudou préféré de l’époque.

Etape 2

J’ai ensuite imaginé que je rentrais dans cette pièce et que je la voyais assise et apeurée dans ce coin, assise par terre, avec une toute petite bougie pour seule source de lumière. Je me suis approchée d’elle, je me suis assise à ses côtés et je lui ai parlé comme si je la rencontrais pour la première fois. J’ai dit bonjour, elle ne m’a pas répondu, et puis j’ai piqué sa curiosité en évoquant un jeu que j’affectionnais beaucoup à son âge, en l’occurrence il s’agit de l’arbre magique, mais tu peux choisir ce que tu veux.

J’ai joué avec elle, j’ai élaboré des histoires et des scénarios loufoques car je savais qu’elles les aimerait, puisque elle est moi. Je l’ai vu sourire, prendre confiance en moi et se rapprocher. Au bout d’un moment, je l’ai imaginée fatiguée de cette séance de jeu, attrapant son doudou pour s’endormir, et je l’ai prise dans mes bras pour la bercer, toutes les deux assises sur le sol de cette pièce sombre.

Je lui ai dit qu’elle pouvait dormir et se reposer en paix, calmement, que j’étais là pour la protéger, qu’elle était en sécurité. Je lui ai même chanté une comptine qu’elle adorait. J’ai vraiment pris le temps de savourer ce moment avec elle, de me placer en adulte responsable, de l’aimer avec tout mon cœur.

A la fin de cette première visualisation, j’ai senti que quelque chose c’était apaisé en moi, qu’un poids avait disparu, que mon cœur était moins lourd. J’ai meublé la pièce sombre avec un berceau moelleux dans lequel je l’ai déposée, je lui ai mis une petite musique, une couverture pour lui tenir chaud, sans oublier son doudou. Je suis sortie de la pièce, et j’ai ouvert les yeux.

Etape 3

J’ai réitéré l’expérience tous les jours et construit une histoire avec mon enfant intérieur: nous avons meublé la pièce dans laquelle elle se trouvait au fur et à mesure, retrouvé d’autres jeux, dessiné et fait des câlins. Nous avons parlé de ce qu’elle était en train de vivre au quotidien, des attouchements qu’elle subissait, je lui ai dit que c’était terminé, que jamais plus on ne l’approcherait pour lui faire du mal, que son secret était à l’abris avec moi et qu’elle pouvait se rassurer.

Un jour, nous avons construit une fenêtre avec vue sur la mer, puis quelque jours plus tard nous l’avons ouverte: les rayons de soleil ont envahi la pièce, elle a eu une nouvelle garde robe et à présent elle se jetait dans mes bras quand je venais lui rendre visite, en riant aux éclats.

Récemment, nous sommes sorties de la chambre que nous avions construite, qui est devenu une maison, peuplée d’autres personnages dont je te parlerai plus tard. A présent, elle fait partie intégrante de mes exercices de visualisation, de ce monde imaginaire où j’ai regroupé et personnifié toutes les facettes de moi-même. Tout le monde prend soin d’elle et lui accorde du temps et de l’attention, elle est en sécurité, à l’abris, rayonnante.

Conclusion

Cet exercice peut te sembler surprenant et un peu perché, je le sais car quand je relis ces lignes avant de publier, je me dis que ça relève de la schizophrénie et du mysticisme. Cela dit, les résultats sont là: en allant à la rencontre de mon enfant intérieur, je me suis placée en adulte. J’ai la responsabilité de prendre soin de cette petit fille, de lui faire découvrir des jeux, de lui parler, de la consoler, de la rassurer, de l’écouter.

Mon enfant intérieur est devenu une source de confiance en moi: elle me fait confiance car je tiens mes promesses envers elle, je la laisse s’exprimer et je lui offre un cadre dans lequel elle peut s’épanouir en toute sécurité. Quand j’ai un coup de blues ou que je ne trouve pas le sommeil, je vais jouer avec elle et elle me donne cette force dont elle-seule a le secret.

Je sais qu’elle est moi, et je fais la différence entre réel et imaginaire, mais mon cerveau lui continue de fonctionner selon ses propres codes: je lui montre des images de bonheur, de créativité, de sécurité et de confiance, alors il met en marche tous les processus pour suivre le mouvement.

Elle est heureuse, belle et touchante. Elle sait qu’elle peut compter sur moi et je sais qu’elle m’apporte une joie, une paix et une chaleur intérieure. Nos histoires se confondent pour ne former plus qu’une et construire notre Coin de Bonheur: son histoire, mon histoire, notre histoire.

Image d’illustration conçue par Freepik

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