Comment faire de nos excuses quotidiennes de précieuses alliées?


Confiance en Soi / vendredi, juin 8th, 2018

On a toujours une bonne excuse.

S’il y a bien une compétence dans laquelle nous sommes tous champion de monde, c’est bien celle de mettre sur pied des excuses.

On a toujours une excellente raison de ne pas faire quelque chose: pas le temps, débordée, fatiguée et même, besoin de prendre du temps pour soi. Et oui! A force de se faire dire du matin au soir qu’il faut absolument prendre du temps pour soi, c’est aussi devenu une excuse pour ne pas faire le reste.

Tu es peut-être toi aussi sujette aux excuses: zapper la séance de sport car tu n’as pas le temps, laisser ta vie sociale à l’abandon car tu as trop de boulot au bureau, vouloir manger mieux, plus sain et pourquoi pas bio, mais tu n’as pas le budget.

Et si on changeait tout simplement notre manière de voir les choses?

« Ce n’est pas ma priorité. »

Le simple fait de remplacer toutes nos excuses par cette phrase permettra de changer de point de vue et de reconfigurer le problème.

A partir du moment où tu commenceras à utiliser « ce n’est pas ma priorité » en réponse à tout ce que tu ne fais pas, cela te donnera l’occasion de te placer en actrice de ta vie et non plus en victime des circonstances extérieures.

Alors oui, ça pique un peu car il s’agit de prendre ses responsabilités et de se placer consciemment au cœur du problème. L’ego en prend un coup car c’est tellement plus facile de se réfugier derrière toutes les supers excuses que l’on se donne, pauvre de nous que nous sommes.

24 heures, pas une de plus.

Il y a une énorme différence entre « prendre le temps » et « avoir le temps ». Nous disposons tous de la même quantité de temps dans une journée.

Si nous attendons patiemment que l’on nous octroie quelques heures supplémentaires pour faire des choses importantes pour nous et notre vie, c’est comme faire une croix sur sa propre liberté: personne ne devrait pouvoir disposer de notre temps contre notre volonté et d’ailleurs nous donnons toujours notre consentement, même si notre ego et notre mental nous assurent que nous n’avons pas le choix.

Il est devenu primordial de reprendre notre liberté de vivre et de sortir du conditionnement. Assumer ses choix et ses priorités, c’est arrêter de confier aux autre le soin de choisir pour nous ce qui a de l’importance.

C’est reprendre notre bien, notre temps, arrêter de laisser les autres avoir la liberté d’allonger leurs propres journées avec notre temps. C’est leur demander d’eux aussi prendre leurs responsabilités et de se réorganiser pour que tout le monde puisse effectivement avoir l’opportunité d’utiliser son propre temps pour ses propres besoins.

Donner son temps n’est pas anodin car, tu l’as déjà sans doute entendu ou lu des centaines de fois, le temps est une ressource épuisable et non recyclable.

Faisons un peu d’écologie personnelle avec notre temps: donnons en étant conscient de donner, en étant content d’aider, mais sans nous faire dépouiller! Stop au racket de temps!

Les excuses sont de précieuses alliées.

Pour autant, la manière dont nous gérons et distribuons notre temps est un indicateur très puissant pour:

  • Cerner nos valeurs (ce qui est important pour nous)
  • Déterminer là où va notre concentration, et donc nos actions
  • Avoir un aperçu de notre niveau d’estime de soi et d’affirmation de soi
  • Reconnaître les domaines qui nécessitent une réorganisation
  • Créer l’opportunité de nous recentrer sur ce qui compte vraiment pour nous
  • Sortir du conditionnement et arrêter d’être des moutons
Source: citationsimages.fr

L’évolution est toujours d’actualité.

L’évolution, ce n’est pas seulement les grandes différences entre les hommes préhistoriques et les hommes modernes. L’évolution est présente à chaque instant dans nos vies: tout évolue, tout le temps et dans toutes les directions. N’attendons pas un best seller qui sortira en 2050 pour nous dire comment a évolué le monde sans que nous n’en ayons eu conscience. Soyons tous acteur de l’évolution aujourd’hui.

Ce n’est pas parce que les générations d’avant ont appris qu’il fallait donner son temps sans compter et que c’était même une marque de réussite, qu’il faut continuer sans se poser de question. Ce n’est pas parce que nos mères ce sont épuisées entre travail, ménage, courses, enfants, organisation, abnégation de leurs envies et vœu d’obéissance, qu’il n’est pas temps de faire bouger les choses.

Il y a quelques années je voulais reprendre le sport. Je travaillais à temps plein et mes journées étaient déjà bien plombées par des trajets quotidiens pour me rendre au bureau: 1h30, matin et soir. Autant te dire que « je n’ai pas le temps » était mon leitmotiv.

Finalement, j’ai décidé de reprendre le contrôle de mon temps. Je n’avais pas le temps pour me rendre à la salle de sport et il fallait que ça change. J’ai fait le tour des choses que je faisais pour faire plaisir aux autres et me conformer à la méthode d’organisation quotidienne de ma mère. Bah oui, je suis comme tout le monde: je l’ai regardé faire et je ne me suis pas posé de question, c’était comme ça qu’il fallait faire, comme ça qu’on avait toujours fait, et puis c’est tout.

Je faisais donc une course contre la montre tous les soirs: sortir du bureau, sauter dans le tramway, faire la liste des courses et le menu du soir sur le chemin, courir acheter de quoi faire, rentrer, ranger la maison, préparer à manger etc. Je ne te fais pas la messe, tu la connais déjà. Et tout ça pour quoi? Parce que « il faut manger à telle heure, que la maison soit tenue comme ça et que tout le monde soit bien. »

J’ai donc procédé à une réorganisation stratégique. Trois soirs par semaine, le repas ne serait plus servi à 20h prêt sur la table, mais plus tard et peut-être même pas cuisiné, un peu à l’arrache: une salade, un œuf dur, un gratin de courgettes acheté sur la route et prêt à être enfourné le temps de ma douche. On mange trop tard? Et bien préparez-vous à manger avant moi, je me débrouillerai.

Les lessives ne seraient pas faites non plus (merci à chacun de prendre ses dispositions, de laver ses vêtements et de les repasser au besoin, moi c’est bon j’ai ce qu’il me faut), le salon serait probablement un champ de bataille (mais perso je m’en tape, si ça pose un problème à quelqu’un, merci de prendre des dispositions), et surtout: j’allai pouvoir aller à la salle de sport et ça, c’était devenu ma priorité.

Les excuses obligatoires

« Oui mais avec des enfants ce n’est pas pareil, il faut bien leur faire à manger et s’en occuper! »

Et oui. Et ça, c’est une priorité: immuable, incontournable et obligatoire…Mais qui parfois peut être déléguée ou aménagée aussi.

Et si tu élèves ton enfant seul(e)?

Tu peux aussi te réorganiser pour faire ta séance de sport, puisque nous sommes parti sur cet exemple: tu peux la faire le matin en te levant plus tôt, le midi à la pause déjeuner, le soir après le coucher des enfants…Pas le temps? Fatigué? D’accord…Donc la reprise du sport n’est pas une priorité. Et c’est ok! Personne ne te met un couteau sous la gorge pour reprendre le sport!

Si ta priorité c’est de dormir le matin plus longtemps pour être moins fatiguée, il n’y a pas de mal à ça.

Si ta priorité à la pause déjeuner c’est de manger en regardant Facebook pour te détendre, soit.

Si ta priorité c’est de regarder le film dans le canapé le soir après le coucher des enfants ou de travailler sur un dossier pour le bureau, très bien.

Tu as décidé de tes priorités, tu prends tes responsabilités et tu assumes. Ne fais pas genre « je voudrais bien reprendre le sport pour faire parti de la tribu des gens sains et bien dans leur corps » pour ensuite trouver des excuses pour ne pas t’y mettre. Si tu veux faire parti de la tribu, fais en ta priorité.

Je pense qu’il peut être dangereux de faire porter le chapeau à ta progéniture: ils n’y sont pour rien dans le choix de tes priorités. Si c’est eux la priorité, alors fais-en quelque chose dont tu es fière: t’occuper d’eux, de les faire manger sain, de les éduquer, d’éveiller leur curiosité, de jouer, de rire, de leur transmettre et de leur apprendre, de les aider à construire leur propre chemin…C’est une belle priorité!

Mais ne leur apprend pas qu’ils sont un fardeau et ne te réfugie pas derrière tes responsabilités parentales pour te trouver des excuses.

Il n’y a pas de grand secret bien gardé dans la gestion du temps: si tu es débordée et que tu veux intégrer quelque chose de nouveau à ton emploi du temps, il faut te débarrasser de quelque chose.

Arrêtons d’être des enfants pris la main dans la boîte à cookies, les miettes encore fraîches autour de la bouche à dire « il fallait bien les manger! Sinon ils auraient été perdus! ».

Non, si tu as mangé les cookies, c’est parce que tu en avais envie. Si tu te goinfre d’excuses, c’est que tu refuses d’avouer qu’être débordé donne de l’importance à ton ego, de l’importance au regard des autres et la sécurité d’être conforme, gentiment aligné dans des cases et des boîtes.

Ouvre le couvercle de ta boîte maintenant, il y a là dehors un sentiment de liberté qui n’attend que toi.

Image d’illustration designed by Freepik

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