Les 5 décisions les plus constructives de ma vie


Ma Résilience / jeudi, avril 19th, 2018

Le temps des décisions

Prendre des décisions fait partie de la vie. Parfois elles nous semblent compliquées à prendre, voir impossibles à maîtriser, et même si on sait au fond de nos tripes qu’il faut sauter le pas, nos peurs nous rattrapent. Peur de l’abandon, de l’inconnu, de faire le mauvais choix…Mon parcours a aussi été jalonné par des prises de décisions, mais certaines ont probablement été les meilleures de ma vie.

Je les considère comme ayant été les meilleures car elles ont significativement changé un aspect de ma vie, immédiatement ou sur la durée. Elles ont aussi été difficiles à prendre car à chaque fois je me confrontais à mes peurs ou à une idée préconçue que j’avais mise dans ma tête toute seule comme une grande.

Je continue à prendre des décisions et à faire des choix, tous les jours, comme tout le monde. Certaines ne sont pas terribles, mais pour avancer, il faut bien prendre des risques.

Voici les 5 meilleures décisions de ma vie.

1. Me laisser aimer en étant moi-même

C’était il y a 10 ans cette année. Ma vie amoureuse avait été chaotique, j’avais 25 ans et déjà beaucoup de rencontres et de personnes étaient passés dans ma vie. Certaines avaient profité de moi, d’autres avaient piétiné mon cœur et m’avait laissée pour morte sur le bord de la route. Je n’avais aucune envie de m’engager dans une nouvelle relation, j’avais pris la décision de ne plus jamais faire confiance à personne et de vivre une vie sans attache: cela me semblait la meilleure façon de ne plus jamais souffrir.

Et puis il est entré dans ma vie. Nous avons fini par passer du temps ensemble et à nous découvrir. J’étais à la fois terrorisée et déterminée à garder mon cœur à l’abris. Tout était trop bien, et je trouvais ça louche. Moi qui avait été habituée à souffrir, je perdais tous mes repères face à cet homme qui était gentil, doux, qui me faisait rire et qui me respectait, moi, mon cœur et mon corps.

J’ai mis un long moment à lâcher prise. Je m’en souviens comme si c’était hier. Je me suis regardé dans le miroir de ma salle de bain, et j’ai dit: « Si tu n’essayes pas, tu ne sauras jamais. » Alors j’y suis allé. J’avais la trouille, mon dieu que j’avais peur…J’ai été maladroite, méchante même, indécise, et puis j’ai réalisé que je n’avais pas le droit de le faire souffrir comme ça. Lui aussi avait un cœur, lui aussi avait pris un risque, et je ne faisais pas honneur ni à lui, ni à moi, en restant attachée au passé et à mes idées toutes faites.

Il partage ma vie depuis 10 ans. Nous avons fait de belle balades, affronté d’énormes tempêtes et aujourd’hui nous sommes tous les deux fières de ce que nous avons construit. Nous nous respectons, nous nous soutenons, nous nous aimons et continuons à nous découvrir encore et encore, inlassablement.

2. Tout plaquer pour changer d’environnement

Cette décision là s’est prise à deux, mais je suis à l’initiative du projet. C’était au début de notre relation, nous nous étions installés dans une région de France où malheureusement il n’y avait pas beaucoup de travail. J’avais mon boulot en CDI, j’étais payée au SMIC, et nous vivions à deux sur mon salaire. Nous survivions plutôt en réalité. L’environnement était maussade, je voyais mon homme dépérir un peu plus chaque jour sous le poids de l’isolement et du manque d’énergie, alors j’ai pris une décision: il fallait que je nous sorte de là, et il fallait que ce soit un changement considérable.

Quelques semaines plus tard, nous avions rendu l’appartement, vendus tous nos meubles et nous atterrissions à Mumbai, en Inde. J’avais décroché un contrat de travail là bas, et nous avions pris la décision à la lumière d’une réflexion toute simple: « De toute façon, ça ne peut pas être pire. »

Nous avons vécu environ 2 ans là bas. Ce n’est pas notre meilleure expérience professionnellement parlant, mais le choc des cultures a été tel que nous avons été obligés de nous adapter et de réviser tout ce que nous savions: comment vivre, comment manger, comment travailler, notre notion de succès et de vie idéale, notre relation à l’argent, nos croyances en général.

Nous sommes revenus plus cassés que jamais. J’étais en grosse dépression, mon homme avait lui aussi du mal à s’ajuster. Nous avons tout perdu, nous sommes rentrés sans un sou en poche et obligés de retourner vivre chez mes parents le temps de trouver une autre solution, de prendre une autre décision.

Alors pourquoi je pense que c’était une des meilleures décisions de ma vie? Parce que cette expérience m’a permis de reconstruire intégralement mes connexions internes et ma relation à la vie. J’ai vu ce qu’on ne veut pas voir et ce qu’on ne nous montre pas, j’ai vécu et travaillé avec des gens aux valeurs dignes et imprégnées de sens. Je suis revenue anéantie, donc transformée, et à partir de là j’ai reconstruit, encore une fois.

Parce que finalement la vie se résume à ça: construire un château de sable, le décorer avec de jolis coquillages, regarder la marrée monter et le détruire, et recommencer. On perfectionne les outils au fur et à mesure, on apprend à bâtir des digues pour le protéger, et c’est seulement en reconstruisant que l’on se perfectionne. On connaît les forces et les faiblesses du bâtiment, ses fondations, et les détails de sa décoration.

Mais pour reconstruire des fondations solides, il faut d’abord raser le bâtiment.

3. Aller là où je ne voulais pas aller

Cette décision là est directement liée à notre retour d’Inde. Mon homme avait mis sa carrière sur pause depuis déjà quelques années avec tout ça, donc nous nous sommes concentrés sur lui. Il a finalement trouvé un poste au seul endroit où nous avions juré de ne pas mettre les pieds: Paris.

Trop grand, trop dangereux, trop de monde, trop pollué, pas assez de verdure, trop loin de la mer, les parisiens sont des ***…Les raisons étaient nombreuses! Mais au-delà de toutes ses raisons, il y a avait l’espoir de reconstruire notre vie. Alors nous sommes parti pour Paris.

Nous avons vécu dans un tout petit studio meublé au départ, pendant plus d’un an, mais je me souviens qu’il était un palais pour nous. Le premier soir, entourés par les cartons, sans Internet ni télévision, nous avons dégusté notre nouveau départ. Nous avons depuis déménagé pour plus grand, fait du chemin dans nos carrières respectives, cela fait 5 ans que nous sommes à Paris.

C’est effectivement très grand, mais les transports sont quand même bien foutus. C’est effectivement dangereux à la vue des événements qui se sont déroulés juste sous notre nez. Il y a effectivement trop de monde. C’est effectivement trop pollué, et ça manque de verdure. Nous sommes effectivement trop loin de la mer et ça me manque.

Par contre, les parisiens ne sont pas plus *** que les autres. Il y a aussi des trésors à découvrir, des tonnes de choses à faire, tout est accessible, tout le temps. Et puis le nerf de la guerre: il y a du travail. Nous avons, pour le moment, ajusté notre rêve de vie idéale. Nous avons fait le choix de passer par une zone un peu inconfortable car le cadre de vie ne correspond pas à nos attentes, mais cette étape nous semble nécessaire.

On ne peut, en général, pas tout avoir d’un seul coup. Petit pas après petit pas, ajustement après ajustement, décision après décision, nous nous rapprochons de notre idéal. Mais jamais nous ne restons sur place à attendre que d’autres prennent les décisions pour nous.

Cette décision contre intuitive a été un fabuleux point de départ. Pour le moment, la construction continue. Mais la prochaine décision à prendre arrivera tôt ou tard.

4. Quitter mon CDI

A notre arrivée à Paris, j’avais pris le premier boulot qui c’était présenté. Ce n’était pas passionnant, ce n’était pas très bien payé, je savais que je n’y resterai pas toute ma vie. Après 4 ans de bons et loyaux services, j’ai pris la décision de quitter ce travail, en CDI.

Bien sûr il m’avait permis de vivre pendant plusieurs mois, bien sûr j’avais pu grâce aux nombreux dispositifs pour les salariés faire tout un tas de choses, comme bénéficier d’un bilan de compétences. Mais j’avais besoin de faire quelque chose de ma vie.

Cette routine ne correspondait en rien à la vie que j’avais imaginée, ni même à la vie que j’avais déjà vécue. J’avais besoin de redonner un sens à ma vie, et je ne me retrouvais pas dans les valeurs véhiculées par mon entreprise, ni par son domaine. Je n’étais pas à ma place, et puis je trouvais qu’on profitait quand même beaucoup de ma bienveillance.

J’ai fait une rupture conventionnelle, et j’ai repris ma liberté. Et ça, c’était une vraie bonne idée, même si tout le monde me disait le contraire.

5. Etre fière de ma vie

Cette décision là, je l’ai prise il y a quelques mois. J’ai pris le temps de regarder en arrière, de remonter le temps, et d’observer toutes ces décisions, et celles que je n’ai pas évoquées ici. Je l’ai fait car je trouvais ma vie fade, je pensais que j’avais loupée ma vie. Après tout, même en ayant pris des risques, parfois énormes, je suis très en retard sur le programme: pas de maison à moi, pas d’enfant, pas d’économies, pas de quoi partir en vacances à l’autre bout du monde, bref, pas la vie de quelqu’un de 35 ans.

Mais je ne suis pas quelqu’un. Je suis Moi. Avec mon grain de folie, avec mon histoire, avec mes peurs, avec mes faiblesses, avec mes forces. Je n’ai pas besoin de ressembler à qui que ce soit, il n’y a pas de charte de vie parfaite qui dit qu’à mon âge je devrais déjà avoir fait ceci ou cela. C’est ma vie, j’ai mis du temps, des larmes, des rires, des sacrifices et de l’énergie à la construire, et j’attend au tournant le premier qui me dira qu’elle n’est pas belle et grande, ma vie.

Je suis fière de mon parcours et c’est son imperfection qui me ressemble le plus. Une vie atypique, dans un monde en constante évolution. Une vie qui ne rentre pas dans les cases, et ça tombe bien, parce que je n’ai jamais voulu y entrer. Une vie qui me réserve des tonnes de surprises, des bonnes et des mauvaises, mais une vie qui me ressemble. C’est sur ce constat qu’est né le blog que tu es en train de lire.

Je suis fière de ma vie et du Coin de Bonheur que je construis au fil des jours, et il est temps que toi aussi tu sois fière de ta vie. Prends des décisions, lance-toi, et construis un Coin de Bonheur qui te ressemble!

Faites circuler!

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