Optimisme et dépression : jetez-moi ces lunettes roses


Emotions / mercredi, mars 28th, 2018

« Je vais bien, tout va bien ! »

A l’image de Jean-Pierre dans ce sketch mémorable de Dany Boon, il est beaucoup plus facile de tomber dans le syndrome des lunettes roses que de vraiment faire preuve d’optimisme.

A force de nous répéter du matin au soir qu’il faut voir le bon côté des choses, être positive pour sortir de la dépression et se relever d’un passé douloureux, on en oublierait presque une donnée essentielle : voir la vie en rose du matin au soir, et se concentrer uniquement sur cette méthode, n’a jamais rien résolu en soi, et surtout, ce n’est pas ça, l’optimisme.

C’est quoi finalement l’optimisme ?

L’optimisme est un trait de caractère. Certains naissent avec cette particularité inscrite dans leur ADN, d’autres pas. Mais pas de panique ! Si pour certaines personnes la route sera peut-être plus facile du fait de cette prédisposition génétique, les autres peuvent apprendre l’optimisme en développant deux fondations essentielles : l’environnement de vie et la compétence en elle-même.

Faire preuve d’optimisme, c’est aller chercher le meilleur en toutes choses afin d’en tirer un résultat positif, satisfaisant, et favorisant la créativité, la motivation, l’enthousiasme, le bien-être, la paix intérieure et l’envie de continuer.

Je te vois venir : « C’est bien gentil tout ça, mais tu admettras qu’il y a des drames dans la vie qui ne renferment aucune part de positif. ».

Évidemment. Ce n’est pas moi qui vais te dire le contraire. Si tu me demandes là tout de suite d’aller chercher le meilleur et de favoriser le bien-être avec mes 10 années de maltraitance sexuelle infantile, il y a de fortes chances pour que je t’accroche au lustre.

En revanche, si je suis parfaitement d’accord pour dire que le traumatisme en lui-même ne renferme rien de bon, l’optimisme m’a permis de mettre en lumière le bon qui a fini par en découler : ma force de caractère, ma sensibilité, mon regard sur le monde, ma curiosité, ce blog par exemple.

Je ne serais jamais devenue la personne que je suis aujourd’hui sans cet épisode de ma vie, je suis fière de la personne que je suis devenue et j’ai de grands projets pour la personne que je veux devenir. Mon parcours témoigne de ma force, mes cicatrices attestent que je suis une héroïne. J’ai remportée une bataille, et j’en remporterai encore d’autres.

Je ne me serais peut-être jamais intéressée à la psychologie et au développement personnel aussi intensément, je serais peut-être passée à côté de moi-même. On ne saura jamais ce qui aurait pu se passer, mais de toute façon on ne peut pas réécrire l’histoire ou réinventer la roue. Une fois qu’on a réalisé cet état de fait, on peut avancer et passer à l’action pour se relever.

Et c’est ça, l’optimisme. Ce n’est pas juste voir le verre à moitié plein en se répétant naïvement que tout va bien. Ce n’est pas égrainer les jours heureux en mettant un joli mouchoir blanc sur les difficultés de la vie. Ce n’est pas se mentir à soi-même en tombant dans le déni, négliger la réalité. Non.

L’optimisme, c’est vivre les mêmes situations que tout le monde, les ressentir comme tout le monde, se donner le droit d’être triste, en colère, mais percevoir ces états différemment et aller y chercher la plus petite et à priori insignifiante ressource d’énergie pour nourrir sa créativité et passer à l’action. C’est s’adapter au sens du vent plutôt que de s’obstiner à ne pas vouloir tourner la barre tant qu’on n’aura pas compris pourquoi le vent à tourné.

Les faux optimistes

Ils sont plutôt faciles à reconnaître. Ce sont des gens qui parlent beaucoup, mais à qui il n’arrive jamais rien de particulier.

Ils essayent de se convaincre que la vie est belle, sans y croire vraiment. Ils parlent de destin, regardent le temps s’écouler sans interférer ni remettre quoi que ce soit en question, ils sont spectateur de leur propre vie, ne prennent jamais de décision, ne font jamais de choix, à part celui de ne pas en faire.

Ils se laissent bercer par les flots, ou malmener par les tempêtes, sans réagir. Ils regardent le bateau dériver, parfois même couler, béat d’admiration devant cette histoire qu’ils considèrent écrite à l’avance, immuable, gravée dans le marbre.

Attention, je respecte les gens qui aspirent à une vie simple, au retour aux sources et à la contemplation par exemple, et tu es libre de décider de te retirer du monde moderne pour le reste de tes jours. Mais soyons réaliste et posons nous les bonnes questions : Qu’est ce que tu veux vraiment ? Pourquoi tu le veux ? Comment tu comptes t’y prendre ?

On cherche tous le bonheur, la paix intérieure et la sérénité. Mais pourquoi ? A quoi ressemble ton bonheur ? Et surtout, si tu ne passes pas à l’action pour obtenir ce que tu veux, est-ce que tu es prête à jouer à la loterie avec ta vie et laisser le sort décider pour toi ?

Devenir un vrai optimiste

Pour un optimiste, il y a toujours quelque chose à faire, à tenter, à envisager. Une personne faisant preuve d’optimisme est dans l’action et l’engagement, et les résultats qu’elle obtient sont à la hauteur de toutes les énergies qu’elle met en œuvre.

On peut croire que cette personne est chanceuse car tout lui sourit. En réalité, elle n’a pas moins trébuché qu’un pessimiste, au contraire, elle a probablement affronté plus de difficultés.

Pourquoi ? C’est mathématique : plus tu tentes de choses dans ta vie, plus la probabilité d’échouer, et de réussir, augmente. Ce qui favorise les succès d’une personne étant dans l’optimisme, c’est sa capacité à essayer, encore et encore, inlassablement, en changeant de méthode, en s’adaptant en fonction des résultats qu’elle aura obtenus, en s’appuyant sur ses expériences pour avancer et tenter autre chose.

Traumatisme, dépression et optimisme

Se relever d’un passé douloureux ou sortir de la dépression ne fait pas exception à la règle de l’optimisme : il faut passer à l’action, essayer, encore et encore. L’inaction est ta pire ennemi. Tu ne vas pas aller mieux du jour au lendemain parce que c’est écrit quelque part, tout comme tu ne vas pas passer le reste de ta vie à être malheureuse et à ressasser le passé parce que c’est ton destin. Tu es ton destin, c’est toi qui le façonne, le dessine, le construit.

Ton traumatisme n’est le centre de ta vie que parce que tu lui as donné cette place. Mais c’est Toi qui mène la barque. Oui c’est dur, oui c’est compliqué, oui tu souffres, oui tu as mal, oui tu es perdue, oui tu ne sais pas comment faire, oui cela te semble irréalisable.

Oui tu peux trouver des solutions, oui tu as le droit d’être heureuse, oui tu peux avancer, oui tu as déjà dans ta vie des moments de bonheur, oui tu peux passer à l’action, oui tu peux toi aussi développer ton optimisme.

Si ton hygiène de vie, tes habitudes, tes activités et ton environnement ne t’ont pas permis de construire un Coin de Bonheur dont tu es fière et satisfaite, c’est que tu n’as pas la bonne recette.

C’est en se posant les bonnes questions, en cherchant, en apprenant, en étant curieux, en expérimentant de nouvelles stratégies, en changeant d’environnement, en passant à l’action et en établissant un plan précis que l’on gagne d’abord une bataille, puis une autre, et enfin la guerre.

Faites circuler!

2 réponses à « Optimisme et dépression : jetez-moi ces lunettes roses »

    1. Bonjour Sylvie, merci à toi d’avoir pris le temps de laisser un mot ici 🙂 Je t’envoie tout plein de bonnes ondes pour passer à l’action et devenir une optimiste confirmée! A bientôt!

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