Résilience: un exercice pour sortir du sentiment d’insécurité


Ma Résilience / samedi, mai 19th, 2018

Personne n’est un ange toute sa vie, mais le passé est révolu.

Il t’arrive peut-être de penser à ton passé et d’être très mal à l’aise, parfois même jusqu’à déclarer une crise d’angoisse. Tu consacres peut-être du temps et de l’énergie, parfois sans vraiment t’en rendre compte, à maintenir ton passé à distance et ce combat perpétuel te plonge dans un sentiment d’insécurité permanent et épuisant.

Parfois, on peut même aller jusqu’à éviter et tenir à l’écart tout ce qui pourrait nous rappeler ce passé d’insécurité et on se prive d’activités ou même de relations avec nos proches car cela provoque en nous un immense sentiment de mal-être.

Le passé tel que tu l’as connu est révolu

Si ton passé t’empêche d’avancer et de t’épanouir, c’est parce que tu as peur qu’il revienne te faire du mal et traverse les âges pour t’atteindre à nouveau. Cette pensée récurrente est à la source du sentiment d’insécurité qui t’empêche d’avoir une vie normale et de construire ton Coin de Bonheur.

Seulement voilà, avoir peur que ton passé puisse te heurter à nouveau dans le présent, c’est essayer de figer ta vie alors qu’elle défile.

C’est t’enfermer dans une calèche tirée par quatre chevaux lancés au grand galop en refusant de passer la tête dehors pour apprécier le paysage, par peur que les brigands croisés il y a plusieurs jours au détour d’un chemin soient toujours à ta poursuite. Ce que tu n’as pas réalisé, c’est que les brigands sont restés sagement dans leur patelin, qu’ils n’ont pas de chevaux, et que tu as déjà parcouru des centaines de kilomètres: ils ne peuvent plus te rattraper.

Ouvrir les yeux sur ta propre évolution

Pendant les deux années où j’ai vécu en Inde, j’en ai profité pour faire un énorme tri dans mes relations. Quand tu pars à plusieurs milliers de kilomètres, tu te rends compte que bien peu de gens prennent le temps d’avoir de tes nouvelles, ou de lire ton blog sur lequel tu racontes ton voyage. Finalement, ta vie intéresse plus de parfaits inconnus que les amis que tu pensais faire partie de ta vie, ou même tes proches.

A notre retour, nous sommes revenus vivre pendant quelques mois chez mes parents, à l’endroit même que nous avions voulu fuir en prenant nos jambes à notre cou quelques années avant. Un jour, au détour d’un café dans une galerie marchande, nous avons croisé un couple qui faisait jadis partie de ma vie.

Curieux, ils se sont arrêtés pour dire bonjour et me raconter les derniers potins: qui avait fait quoi, qui avait dit quoi à qui, qu’est ce que je devenais, où je vivais, ce que je faisais, qui je fréquentais, afin d’alimenter les conversations des soirées auxquelles j’avais, autrefois, participé.

Ce jour là, j’ai réalisé que je n’avais plus aucun rapport, plus aucun atome crochu avec ces personnes. Nous n’avions plus rien en commun, nos centres d’intérêts étaient radicalement opposés, et surtout, notre vision de la vie et des priorités étaient devenus profondément incompatibles.

Pourtant, sur le moment, j’ai ressenti un grand sentiment d’insécurité en les recroisant, parce que justement j’avais mis en oeuvre tout un cheminement pour changer de vie, pour m’éloigner de toutes ces choses et discussions stériles, pour ne plus être la personne que j’étais avant. En les recroisant j’ai pensé que mon passé était en train de me rattraper et allait me happer: retour à la case départ.

Pourtant, le chemin avait été parcouru, je n’étais plus la même personne et j’avais choisi de m’éloigner de ces gens. Ce jour là, j’ai décidé de faire la peau à se sentiment d’insécurité qui m’envahissait et de me répéter une phrase qui résumait tout…

Je suis en sécurité

Je suis en sécurité parce que le passé qui revient à moi sous forme de souvenirs d’une vie dont je ne veux plus, ne sont que des souvenirs, j’en suis sortie. Si tu ressens aujourd’hui un sentiment d’insécurité par rapport à ton passé, tu peux toi aussi prendre de la distance avec lui et remettre de l’ordre dans ta tête.

Tu n’es plus la même personne que tu étais au moment des faits de ton passé qui reviennent te hanter, t’empêchent de vivre, de faire ce que tu aimes ou de côtoyer les personnes qui te sont chères. Tu as grandi, évolué, peut-être même déménagé, rencontré d’autres gens, lu des livres et appris de nouvelles choses, changé de vie professionnelle, d’amis ou encore d’environnement.

Je t’invite à faire ce petit jeu tout simple et très révélateur. A l’aide des indications ci-dessus, tu peux aussi ajouter d’autres choses qui te viennent à l’esprit, dresse la liste de ce qui était à l’époque, et de ce qui est maintenant.

Toutes les différences, même les plus petites, pourront te convaincre que tu n’es plus la personne qui a vécu ce passé: tout change, c’est l’évolution normale de la vie et tu n’a pas pu échapper au processus.

Une fois que tu as réalisé cet exercice, pose toi tranquillement et répète à voix haute:

« Je suis en sécurité, ici et maintenant « , autant de fois que cela sera nécessaire pour sentir ce sentiment d’insécurité et d’oppression s’apaiser en toi, lever la tête et sortir de la calèche pour respirer l’air frais du changement.

Image d’illustration designed by Freepik

Faites circuler!

2 réponses à « Résilience: un exercice pour sortir du sentiment d’insécurité »

  1. Bonjour Élodie.
    Je découvre ton blog avec cet article que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire.
    Il est vrai que même lorsque l’on a parcouru un chemin important, le passé se rappelle parfois à nous, nous donnant l’impression fausse d’être revenu à la case départ.
    La technique du « lieu secure » ou « safe place » issue de l’hypnose que tu connais peut être m’a été et m’est toujours très utile à cet égard, et je l’utilise par ailleurs très régulièrement avec les personnes que j’accompagne. Elle consiste tout simplement à se construire de toutes pièces un lieu mental (imaginaire ou inspiré d’un lieu réel) en étant précis dans les détails (les éléments, les objets…), les couleurs, mais aussi les sons, les odeurs et les sensations vécus dans ce lieu, et de l’associer à des émotions et sensations de détente, de bien être ou de confiance par exemple. En prenant le temps d’y retourner régulièrement quand tout va bien, cela permet ensuite de « réactiver » ces émotions et sensations positives presque immédiatement lorsque l’on s’y projette mentalement, même lorsque l’on va moins bien. Et on peut par exemple associer ce lieu mental à la petite phrase « je suis en sécurité » . Qu’en penses-tu ?
    Bonne continuation

    1. Bonjour Gaël, super technique merci pour ta contribution! Je ne savais pas que cela porte un nom et je l’utilise un peu différemment, surtout pour mettre de l’ordre dans mes idées le soir avant de dormir sous la forme d’un endroit bien à moi où j’aime me balader et discuter avec d’autres personnages également, comme des versions antérieures de moi-même ou mon corps que j’ai personnifié (ça fait un peu barge dit comme ça mdr, mais c’est très efficace pour analyser les événements de la journée et la motivation générale!), tu as parfaitement raison cette technique est parfaite pour préparer le terrain de la petite phrase,
      au plaisir n’hésite pas à repasser par ici!

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