Défi et challenge: reprendre le sport en mode rouillée


Ma Résilience / lundi, mai 7th, 2018

Je ne peux pas faire de sport

J’ai mal au dos, c’est trop tard pour moi, je n’aime pas le sport, je vais me faire mal, je n’ai pas le temps, je n’ai pas envie…Voilà une liste non exhaustive des pensées qui me traversent l’esprit quand je commence à me dire: « Elodie, un peu de sport te ferait le plus grand bien. »

Et pourtant, j’ai déjà constaté il y a quelques années que les effets positifs du sport sur la santé et le moral ne sont pas une légende. Par contre à l’époque, je m’étais lancée dans une croisade visant plus à m’occuper coûte que coûte pour me noyer sous les activités et ne surtout pas avoir à penser ou à réfléchir, qu’une réelle envie de faire du sport et de m’occuper de moi.

Première reprise du sport…Après 20 ans d’arrêt!

Peu après mes 30 ans, j’ai pris la décision de reconstruire ma vie, de sortir de la dépression et de ne plus jamais passer une journée qui n’aurait pas de sens ou ne contiendrait rien de nouveau. Ce jour là, j’ai pris le chemin de la résilience alors que je n’en connaissais pas encore le nom, et le sport a fait partie de ma panoplie de voyage.

Je n’avais pas fait de sport depuis…20 ans. La raison est simple: mon médecin m’avait purement et simplement dispensée des cours de sport à l’école à cause de mon mal de dos. Au début à coup de dispenses pour quelques semaines, puis quelques mois pour enfin obtenir la dispense annuelle.

En plus, on me répétait souvent à la maison que je n’étais pas quelqu’un de dynamique et que je ne deviendrai jamais une athlète, que je n’aimais pas « me faire mal » pour avancer et que cela me jouerai des tours dans la vie, et puis avec l’aval du médecin qui m’autorisait, me conseillait même de ne pas faire de sport, il a été très facile de me laisser porter.

J’ai donc pris le sport en grippe depuis mon plus jeune âge, alors que je n’étais pas moins douée ou moins capable que mes camarades. D’ailleurs j’ai le souvenir de très bons moments avant cette période d’inactivité lors desquels je m’éclatais: j’ai fait du basket en club, de l’escalade à l’école et j’adorais ça, en primaire on avait même des sessions de patins à roulettes, de lutte et de saut en longueur qui m’ont laissés de très bons souvenirs, et ma dernière activité avant l’arrêt complet a été l’équitation.

J’ai donc décidé qu’il était temps de mettre de côté mes croyances limitantes sur le sujet et de me prouver que je pouvais y arriver. Je me suis inscrite à une salle de sport et je m’y rendais trois fois par semaine pour utiliser le plateau cardio (vélo, rameur, elliptique, parcours de musculation sur différentes machines).

Ces premières sessions m’ont permis de me remettre en forme et de reprendre une relation à mon corps et à mes membres. J’ai aussi fait quelques séances d’aquabike en cabine individuelle pour compléter, je les réservais pour la fin de semaine histoire de détendre mes muscles et de passer un bon moment de fraîcheur, j’ai également adoré cette activité.

Premiers résultats et progression

Je me suis sentie plus à l’aise et je pouvais faire le parcours musculation plus facilement au bout de deux semaines environ, à raison de trois séances de sport en salle de 1h30 et d’une séance de 30 minutes d’aquabike par semaine.

J’ai commencé à fréquenter les cours collectifs: des cours de relaxation dans un premier temps, un mélange de Taï-Chi, Yoga et Pilates, puis très vite j’ai voulu passer à la vitesse supérieure et profiter de mes séances de sport pour évacuer ma rage et ma fatigue, pour faire monter mon niveau d’énergie et muscler mon corps pour obtenir des résultats visibles motivants.

J’ai donc pris mon courage à deux mains pour suivre un cours collectif plus intense dont les exercices étaient basés sur des mouvements de boxe et de sports de combat, mais sans accessoire. Je me suis surprise à adorer ça!

Je ne me pensais absolument pas capable d’une part de suivre le rythme et d’autre part de trouver une quelconque satisfaction dans cette activité…Et on retrouve ici mes croyances limitantes ancrées depuis des années: « Tu n’est pas combative, tu n’aimes pas te faire mal, tu ne sera jamais une athlète. »

Et bah si.

Résultats et paliers

Les deux premières semaines de reprise du sport ont été très dures: courbatures, sentiment de ne pas être à la hauteur, souffle court, en plus je fumais toujours à cette époque là donc laisse tomber, je crachais mes poumons il n’y a pas d’autres mots.

A partir de la troisième semaine j’ai vu de réelles améliorations à la fois physiques et psychologiques: j’étais plus à l’aide dans mes mouvements du quotidien, monter les marches et même marcher tout simplement, mon moral était au beau fixe, ma confiance en moi a fait un bon spectaculaire.

J’ai maintenu ce rythme pendant 6 mois: j’ai perdu 12 kilos, j’avais une ligne d’abdos qui se dessinait gentiment, des bras hyper féminins avec une touche de muscles apparents, je suis passée de la taille 44 à la taille 36-38.

Je me rappelle que pour la première fois de ma vie, quand je passais mes mains sur mon ventre, je sentais mes muscles et ma peau était plus ferme que jamais. Evidemment, je faisais aussi super attention à ce que je mangeais en parallèle, on ne va pas se mentir, c’est quand même essentiel pour obtenir des résultats visibles physiquement (résultats à mon avis eux-même essentiels pour garder la motivation), et je faisais attention à ma peau en utilisant des crèmes hydratantes et nourrissantes.

Rechute: second arrêt du sport

Malheureusement, j’ai tout arrêté l’année suivante car j’ai privilégié d’autres activités: j’ai repris des études pour aller passer mon BAC (et je pense que la confiance en moi que j’avais acquise avec le sport m’a permis, en outre, de prendre cette décision).

Les cours en présentiel à l’université me prenaient du temps, nous avons déménagé et la salle était à présent trop loin pour pouvoir m’y rendre facilement, je mangeais extrêmement mal car je ne prenais plus le temps de préparer mes repas moi-même et mon budget avait diminué donc je ne pouvais plus faire d’aquabike en cabine individuelle.

J’ai regardé l’arrêt du sport et une alimentation « n’importe quoi » faire des ravages sur mon moral et sur mon corps pendant l’année suivante: j’ai repris 10 kilos, j’ai recommencé à avoir mal au dos, mon énergie a largement baissée, j’ai besoin de plus d’heures de sommeil, je me concentre moins facilement…Et je préférais mon corps d’avant.

Engrenage de l’arrêt du sport et tentative de reprise

Entre temps j’ai déclarée une hernie discale que j’ai réussi à maîtriser grâce à différents outils et sans chirurgie (je te parlais des méthodes utilisées ici, et plus particulièrement de la décompression neurovertébrale). Avec du recul, je suis persuadée que si je ne m’étais pas arrêtée en route, je n’aurais pas souffert de cet atroce mal de dos: d’un point de vue physiologique mes muscles auraient permis de mieux tenir ma colonne vertébrale, d’un point de vue psychologique je n’aurais peut-être pas somatisé de la même façon.

Il y a un an j’ai décidé de retourner à la salle pour me remettre au sport, mais j’ai fait une grave erreur: j’ai voulu aller trop vite. Je pensais qu’une année d’arrêt d’activité sportive et 10 kilos en plus ne seraient pas un frein pour reprendre là où je m’étais arrêtée: j’ai donc repris tout de suite par un cours collectif, sans échauffement, et le résultat a été sans appel, je suis sortie du cours coincée du dos, avec un lumbago qui m’a clouée au lit pendant quinze jours.

Sur le moment c’était la déprime totale: je me suis dit que je ne pourrai jamais refaire de sport sans me faire mal, que mon dos était maintenant trop fragile pour pouvoir m’y remettre et que je ne perdrais plus jamais mes kilos en trop. En plus, j’avais payé un abonnement annuel à la salle: je n’y suis jamais retournée tellement j’avais peur de me faire mal.

Pendant cette année là, je faisais tellement attention à ne surtout pas forcer que ça en devenait ridicule: je bougeais au ralenti, crispée car tellement terrorisée à l’aidée de me coincer le dos, j’ai même refusé de faire du vélo pendant nos vacances à l’Île de Ré l’an dernier, ce qui est quand même fort dommage!

En septembre 2017, j’ai décidé de reperdre mes kilos sans faire de sport, et j’ai réussi. A l’heure où j’écris ces lignes je pèse 64 kilos, je fais une taille 38…Mais la sensation n’est absolument pas la même que lorsque j’avais obtenu ces mêmes résultats avec le sport.

Mon corps est raide, je me fatigue facilement, je dors beaucoup et même si l’arrêt de la cigarette m’a permis de retrouver certains goûts et incontestablement du souffle et que le Grounding m’apporte un confort général incontestable, je sens bien que ce n’est pas du tout la même chose et que je peux faire mieux que ça.

Le Défi: reprise du sport en mode rouillée

Je me lance donc un défi: je vais reprendre le sport en mode rouillée et cette fois-ci je ne le ferai pas pour échapper à mon quotidien et noyer ma souffrance mais bel et bien pour en faire un mode de vie, être fière de moi, prendre soin de mon corps et de ma tête.

J’ai compris que ce nouveau départ était bien différent de celui que j’ai pris il y a quelques années: je dois oublier les étapes franchies dans le passé pour en découvrir de nouvelles cette fois-ci, car mon corps à entre temps changé, ainsi que mes capacités et ma vision générale de la vie.

Mes objectifs sont:

  1. Prouver (encore une fois puisque je l’ai déjà fait) qu’un mal de dos n’est pas un frein à la reprise du sport, il suffit de ne pas faire n’importe quoi
  2. Travailler ma confiance en moi et faire monter mon niveau d’énergie
  3. Être capable de faire le programme d’entraînement Freeletics, j’ai découvert cette méthode aux résultats impressionnants et je pense que c’est un bon objectif. D’ailleurs si tu as des infos sur cette méthode et sur la préparation physique nécessaire avant de s’y mettre, je serai ravie d’avoir quelques conseils!

Mes obstacles sont:

  1. Trouver des activités accessibles et des paliers naturels pour ne pas me décourager en me faisant mal dès le début, donc apprivoiser mon corps dans sa dimension actuelle et non pas la dimension dans laquelle je me trouvais il y 5 ans
  2. Un budget restreint
  3. L’impatience et l’appréhension…

Mes atouts sont:

  1. L’arrêt du tabac il y a un an et demi, incontestablement quelque chose qui va m’aider
  2. Le temps: je peux caser une séance de sport tous les jours et à l’heure que je veux
  3. L’accès aux informations et la curiosité: je peux explorer de nouvelles pistes pour rendre le voyage plus fun

J’ajoute que je ne prévois pas d’aller voir mon médecin pour lui demander son avis, car il m’a déjà conseillé de ne surtout pas forcer et de ranger le sport au placard: pas de yoga car les postures ne seraient pas bonnes pour mes vertèbres, pas de course à pied car c’est trop traumatisant pour mon dos, de la natation oui mais surtout pas de brasse, uniquement du crawl.

Il est gentil mon médecin…Mais je vais me débrouiller (et je n’ai pas envie de faire tous les médecins de la région parisienne pour trouver celui qui me dira que c’est une bonne idée…Je sais déjà que c’est une bonne idée). Je pense sincèrement que je suis la seule juge capable de définir mes limites actuelles et de les repousser progressivement, à mon rythme, pour obtenir ce que je veux.

Est-ce que j’ai la trouille? Yep…Une peur bleue vraiment car je ne souhaite à personne de souffrir comme j’ai pu souffrir avec mon dos. Est-ce que je vais me faire mal? C’est une possibilité, mais pas gravé dans le marbre. Est-ce que ça va être long? J’en ai bien peur, mais…

« On ne peut pas, sous prétexte qu’il est impossible de faire quelque chose en un jour, ne rien faire du tout » Abbé Pierre

Si tu passes par ici et que tu as des idées d’activités pour m’aider à reprendre et à progresser, je suis évidemment preneuse! N’hésites pas à me laisser un commentaire! De plus, la motivation étant un point essentiel, je te propose de me rejoindre dans ce challenge:

Objectif reprise du sport en mode rouillée!

Image d’illustration designed by Freepik

Faites circuler!

5 réponses à « Défi et challenge: reprendre le sport en mode rouillée »

  1. Bonsoir,
    Je viens de lire votre post et jr me retrouve bien dans tout ca ! Des années avant de me mettre au sport et un jour hop declic boxe thai…j’y ai pris goût ! Ce sport, la mentalité, le depassement de sois, les abdos et j ai du arrêter moi aussi pour reprendre des études tardive.entre temps plus de sport, 10kgs de plus, 20 cigarettes par jour…et 2 hernies discales, mal de dos, une dépression bref…un peu la galère et là aujourd’hui….18mois d arrêt de la cigarette, poids a peu près stable, je n’ecoute plus les toubibs et leurs interdits ! Pas de sport, nage mais que…bref le truc impossible du coup….j’ai commencé le footing et le etcomme comme ca fait du bien ! Je ne faisais plus rien ! J etais devenu une chochotte physiquement et du coup moralement et ne rien faire et pire pour notre dos que de faire n importe quel sport on me l a enfin dit ! Un médecin ! Alors comme tu dis faisons ns confiance, la douleur on l a connaît, on sais s’arrêter ! Du coup faisons ce qui ns fais du bien ! Voilà je me lance le challenge et le défi de continuer le jogging j en suis au 1er mois en fractionner et de mettre le yoga dans ma vie aussi comme hygiène de vie ! Alors vivons ! Merci pour ton partage !
    Bien à toi.
    Sandrine.

    1. Salut Sandrine! Je vois que nos histoires ont effectivement pas mal de points communs! Bienvenue à toi Amazone Survivante!
      Oh oui c’est vrai on devient chochotte avec ces douleurs, c’est tellement nul! J’ai entendu le plus grand bien du footing mais là encore j’hésite car à priori ce n’est pas top pour le dos? Ou bien serait-ce encore une de ces idées reçues qui circulent largement?…Et en plus je dois avouer que j’ai pris l’endurance en grippe il y a longtemps…La boxe Thaï alors là oui, 1000 fois oui je suis sûre que ça me plairait beaucoup! J’ai tellement un bon souvenir de ces cours de « Body Combat » que je faisais en salle, l’éclate totale!
      Je note précieusement sur ma petite liste ces activités, merci beaucoup pour ton partage!
      A bientôt!

  2. Bonjour.
    Merci pour cet article inspirant qui montre que s’écouter plutôt qu’écouter autrui est bien plus adapté à nos besoins et qu’en effet nos croyances (qui sont mofifiables) crééent notre vie.

    Moi je pratique (et enseigne) la gymnastique sensorielle qui après quelques séances coachées par un pédagogue perceptif, somato-psychopedagogue ou fasciatherapeute peut se pratiquer seul.

    C’est une gymnastique qui se pratique en conscience dans une grande lenteur (un peu comme le tai-chi et le Qi-gong) et qui grâce à l’attention que l’on porte à ses mouvements, à ses limites, à son confort… offre un travail physiologique parfaitement adapté à ses besoins. C’est également une gymnastique thérapeutique qui agit à la fois sur les douleurs physiques et les souffrances et limitations psychologiques.

    J’ai également des problèmes au niveau des cervicales et des lombaires depuis des années (hernie cervicale et lombaire) c’est très efficace pour soulager le stress mental et physiologique qui en découlent (car les problèmes de dos sont très liés à nos états de stress et à nos émotions).

    Voilà… j’espère avoir apporté ma petite pierre à ta démarche.

    En tout cas grand merci à toi de nous partager ton experience.

    Claire smida

    1. Bonjour Claire et merci à toi pour cette découverte, je n’avais jamais entendu parler de gymnastique sensorielle et cela semble rejoindre tous le aspects que je souhaite intégrer à ma pratique, belle surprise!
      Justement, comme quoi c’est marrant, j’ai eu des envies de Qi Gong il y a quelques jours et j’ai commencé à pratiquer à la maison avec des vidéos pour débutant, j’ai constaté que cela me fait le plus grand bien alors que je ne suis pas spécialement (en tout cas pas encore!) calée dans tout ce qui est énergies, Qi etc.
      Je vais me pencher sur la gymnastique sensorielle, si tu es en région parisienne n’hésites pas à m’envoyer tes coordonnées par email je suis intéressée pour essayer ta méthode.
      A bientôt!

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