Le secret pour prendre du temps pour soi et pour son bien-être sans culpabiliser


Bonheur / lundi, mai 21st, 2018

Je n’ai pas le temps pour ces conneries.

Et oui, je sais. Tu fais peut-être parti de la grande tribu des Débordées qui n’ont certainement pas le temps de prendre du temps pour soi, un simple coup d’œil à ton agenda ou à la montagne de linge à laver en dit d’avantage qu’un long discours.

Du coup, les petits moments de bien-être personnels passent à la trappe et tu as peut-être tendance à considérer ces instants comme de la connerie pure et simple, non pas que tu remettes en question leur efficacité sur les gens qui ont le temps de s’y consacrer, mais en ce qui te concerne, il y en a qui bossent et qui ont une maison, un boulot à faire tourner, alors « remballez-moi vos discours. »

En plus, cela peut-être affreusement frustrant étant donné la masse d’information qui circule sur le sujet et tu te retrouves probablement entre deux feux: culpabiliser de prendre du temps pour soi au lieu de faire les choses importantes, ou culpabiliser de ne pas prendre du temps pour soi pour te consacrer aux choses urgentes qui sont, il parait, pas toujours aussi urgentes que ça.

Ok, d’accord. Seulement c’est bien beau de nous dire que la lessive, la bouffe et les courses ne sont pas une priorité dans notre emploi du temps et qu’il faut lâcher prise pour prendre du temps pour soi, mais je pose la question: si je ne rempli pas mon frigo ou que je ne prépare pas à manger…Qui va le faire pour moi?!

Je suis la première à prôner le lâcher prise sur les tâches ménagères, à dire qu’un jour férié est férié pour tout le monde et pas une occasion de briquer la maison, à dire qu’il n’y a pas mort d’homme à commander un repas dehors ou a mettre les restes sur la table pour que chacun se serve quand on n’a pas envie ou plus l’énergie pour préparer un repas complet, mais je reste lucide: à un moment donné, il faut bien s’y mettre.

Je pourrai continuer cet article en misant sur le partage des tâches ménagères ou en revenant sur cette  nouvelle publicité à la télé pour une marque de lessive qui rappelle que les enfants apprennent de ce qu’ils voient à la maison, pour ensuite le répéter, et que du coup ce serait pas mal si papa faisait aussi la lessive de temps en temps, histoire de briser les vieux schémas. (Woot! On avance!)

Je pourrais, mais non, ce n’est pas le sujet. J’encourage évidemment le comportement, n’empêche que je reste pragmatique car le temps que les nouvelles idées fassent leur chemin, tu as peut-être envie de prendre du temps pour toi quand même, sans culpabiliser ni heurter ton sentiment d’utilité, d’efficacité et d’existence.

(Oui parce que le syndrome de la Super Women nous sert en fait à nous donner de l’importance, mais ça c’est plus un sujet dont je pourrais parler sur la Page Facebook Coin de Bonheur lors des Lives quotidiens consacrés à la psychologie…)

Du temps pour soi…Mais pour quoi faire?!

Tu as peut-être aussi un sentiment plutôt étrange et presque inavouable: tu voudrais bien appliquer le concept de prendre du temps pour soi, tu as peut-être même déjà réussi à le faire, mais tu ne sais pas vraiment quoi faire de ce temps disponible.

Il n’est pas toujours évident de trouver une activité à pratiquer même quand on a du temps pour soi, et tu peux te rassurer, tu n’es pas la seule. D’abord parce qu’il n’est pas toujours facile de savoir quand on va avoir du temps pour soi et de s’organiser à l’avance, ensuite parce que si les moments réservés à notre bien-être ne sont pas constants, récurrents et planifiés, on peut avoir du mal à s’investir dans une activité et à y prendre goût.

Finalement, tu te retrouves peut-être à culpabiliser d’avoir dégagé du temps pour t’occuper de toi alors qu’il y a des urgences à traiter, tu as l’impression de perdre du temps en futilités et tu renonces à ces instants consacrés à ton bien-être.

Le niveau de bien-être en France

En 2015 une étude sur le bien-être a été réalisée auprès d’un groupe de 1006 personnes de 15 ans et plus. Lors de ce sondage, il a été demandé aux participants de situer leur niveau de bien-être sur une échelle de 0 à 10:

  • 32% ont attribué une note égale ou supérieure à 5/10
  • 62% ont noté leur bien-être entre 6 et 8/10
  • Seulement 6% ont attribué une note supérieure à 8/10 à leur bien-être

Et si le niveau de bien-être pouvait être boosté en changeant de point de vue?

Le secret pour prendre du temps pour soi et booster son niveau de bien-être sans culpabiliser ni renier sur l’efficacité

Si tu n’arrives pas à dégager ou à profiter pleinement de moments réservés à ton bien-être, c’est parce que tu veux absolument séparer ta vie en deux:

  • Une partie pour ta productivité et la gestion de la vie quotidienne
  • Une partie réservée à ton bien-être

Seulement voilà: vouloir absolument compartimenter ta vie en deux parties distinctes, c’est un peu comme si tu décidais de faire bouillir du lait en tournant le dos à la cuisinière pour faire autre chose: tu sais que le lait est en train de chauffer, qu’il risque de déborder en quelques secondes et que tu dois t’en occuper, mais tu es fermement décidée à tourner le dos à la casserole en mode « t’as qu’à déborder, je m’en tape je fais autre chose. »

Tu ne pourras pas indéfiniment tourner le dos à la casserole car tu sais qu’il faut garder un œil dessus si tu veux éviter la catastrophe et ne pas avoir à nettoyer le bordel après, alors tu passeras ton temps à te retourner pour vérifier le lait et arrêter ce que tu es en train de faire de l’autre côté de la cuisine.

Résultat: tu as une chance sur deux de ne pas arriver à temps à la casserole pour éteindre le feu et empêcher l’accident, et en plus tu ne seras absolument concentrée sur ce que tu fais à côté, sans compter que tu n’y prendras probablement aucun plaisir…

L’obligation de prendre du temps pour soi

Quand j’ai voulu prendre soin de mon bien-être, j’ai décidé de me mettre à la méditation. A l’époque je travaillais à temps plein dans un bureau du lundi au vendredi, et comme beaucoup j’attaquais ma deuxième journée en sortant du travail avec les courses, la bouffe, la lessive et tutti quanti.

Je ne voyais vraiment pas comment intégrer cette nouvelle habitude bien-être à mon quotidien ni même comment me souvenir de prendre du temps pour moi. Alors j’ai fait ce que je pensais être la clé du succès de la mise en place de cette nouvelle habitude: un rappel automatique de ma séance de méditation sur mon smartphone.

Au premier rappel, j’étais au rayon fruits et légumes, donc ce n’était pas possible. Au second rappel j’étais dans le métro, debout au milieu de la foule, pas vraiment le moment idéal pour se décontracter, fermer les yeux et me concentrer sur ma respiration pour méditer. Au troisième rappel, j’étais devant ma série préférée donc j’ai fait comme si je n’avais rien vu.

Résultat: plusieurs jours d’affilé de rappels n’ayant servis à rien, un énorme sentiment d’échec et de culpabilité et une désinstallation de cette application de méditation diabolique.

La technique d’intégration

Je me suis rendu compte que si je voulais avoir une chance d’appliquer le concept de prendre du temps pour soi, il fallait tout simplement que je l’intègre à ma vie normale.

Pas de moment réservé à mon bien-être, pas de moment spécial à planifier à l’avance, mais une philosophie de vie et des nouvelles pratiques qui me permettraient de m’occuper de mon bien-être, de prendre du temps pour moi sans culpabiliser ni remettre en question ma gestion du quotidien.

J’ai commencé par dresser une petite liste de ce qui est important pour moi en terme de bien-être et de ce que je voulais intégrer à ma vie. J’ai retenu que je souhaitais une amélioration de mon niveau d’énergie global, casser la routine et mettre un peu de piment dans mes journées, avoir meilleure mine et caser ma méditation pour la gestion du stress.

Le but du jeu était donc d’atteindre tous ces objectifs en revisitant mes impératifs quotidiens pour intégrer des changements allant dans le sens de mes envies, sans mettre en péril mon emploi du temps.

Pour le niveau d’énergie, j’ai misé sur une alimentation plus saine. J’ai donc tout simplement changé le contenu de mon caddie, mais cela n’a pas chamboulé mon impératif de faire les courses, je les faisais juste différemment. Evidemment au départ j’ai mis un peu plus de temps que d’habitude le temps de prendre mes marques sur les nouveaux produits, j’ai aussi changé de magasins, mais les courses étaient faites et le frigo rempli.

J’ai aussi intégré à mes préparations de repas quotidiennes (le soir généralement) des recettes rien que pour moi: un pot de thé glacé préparé à l’avance par exemple, facilement réalisé le temps de la cuisson des autres aliments, ou encore des salades de fruits frais préparés à l’avance pour être sûre d’en avoir le matin au petit déjeuner ou pour ma collation de l’après-midi au bureau.

Pour casser ma routine quotidienne, j’ai installé une application roulette sur mon téléphone et j’ai créé des listes pour à peu près tout: des idées de menus à tirer au sort et facile à faire, des listes d’activités « sur le pouce en moins de cinq minutes » à faire sur le chemin de retour du boulot, comme aller acheter un magazine, un dessert ou un bouquet de fleurs par exemple. Ces petits moments de jeu sont devenus incontournables, j’ai même converti mon homme qui voulait tourner la roulette des menus lui-même (et qui en profitait pour choisir à ma place, une charge mentale en moins!)

Pour l’objectif bonne mine, j’ai tout simplement mis une bouteille d’eau à côté de mon lit pour me rappeler de boire dès le matin au réveil: ce ne sont pas 30 secondes assise sur mon lit à boire de l’eau qui remettaient en question mon emploi du temps. Je préparais aussi à l’avance mes tenues le week-end au moment de ranger le linge après les lessives, pour ne plus avoir à m’en soucier et sélectionner les bonnes combinaisons en avance: se sentir bien dans ses vêtements est une autre façon de prendre soin de soi et de s’assurer qu’on a bonne mine!

J’ai adapté la méditation à ma sauce en pratiquant la Pleine Conscience le plus souvent possible dans mon quotidien: prendre le temps de choisir les fruits et les légumes pendant les courses en observant les textures et les couleurs, sentir les odeurs en les préparant, trier le linge en fonction des couleurs et des matières en faisant attention aux tissus, faire un mini scan corporel dans la queue à la caisse plutôt que de pester parce que ça n’avance pas…

Il est beaucoup plus facile, au départ, de prendre du temps pour soi et pour son bien-être en intégrant des petits changements à ta vie quotidienne, plutôt que de courir après une plage horaire définie, difficile à respecter et culpabilisante!

Au fil du temps et à force d’en faire un style de vie, tu pourras faire la peau au sentiment de culpabilité et t’accorder de plus en plus de temps vraiment pour toi, consacrés à l’amélioration de certaines activités que tu auras peut-être découvertes en développant ton attention et ta curiosité.

Prendre soin de soi est une philosophie de vie quotidienne qui peut tout à fait être adapté à ton environnement et te permettre d’être tout aussi efficace…Mais en plus zen!

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